Ces crises qui freinent l’élan

Dans ce monde interconnecté, un mot revient pour dépeindre l’accumulation des problèmes auxquels nous sommes confrontés : polycrise. C’est ainsi que le Cameroun, à l’instar de nombreux pays en voie de développement, est aux prises avec les répercussions économiques de la guerre russo-ukrainienne, la fragmentation de l’économie mondiale en blocs géopolitiques, les séquelles de la crise sanitaire mondiale liée à la pandémie du Covid-19, l’impact des changements climatiques, etc. Ces crises protéiformes, bien qu’à des degrés divers, ont entraîné, entre autres, la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires. Ce qui accentue les pressions inflationnistes actuelles qui compriment à leur tour, ici et là, les revenus réels des ménages.                                                                                                   
Conséquence, le taux de croissance a failli être nul en 2020 au Cameroun, du fait de la contraction majeure des activités provoquée par la crise sanitaire (0,7 % en 2020 contre 3,7 % en 2019). Aujourd’hui, en dépit de la reprise, nous ne sommes pas encore tirés d’affaire. Loin s’en faut. En effet, à l’issue de sa récente mission, le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré qu’« après une augmentation de 3,6 % en 2021, la croissance du PIB réel devrait s’établir à 3,4 % en 2022 ». Soit une baisse, bien que légère. Quant à l’inflation globale qui, traditionnellement, est en dessous du seuil communautaire de 3%, elle devrait, d’après la même source, « atteindre 6 % à fin 2022, essentiellement tirée par une hausse des prix des produits alimentaires consécutive à l’accroissement des coûts d'importation et des pressions sur l'offre intérieure ».  Les perspectives pour 2023 sont certes favorables (4,3%), bien que soumises à des risques et vulnérabilités considérables, en particulier du fait de l'environnement économique externe. Mais, le FMI prévient que l'inflation devrait rester autour de 6 % à la fin de cette année dans notre pays.                                                                                                              
 Indubitablement donc, ces chocs exogènes qui nous touchent de plein fouet, couplés à la persistance de certaines menaces internes telles que l’insécurité dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord, ralentissent la dynamique vers le décollage économique du Cameroun. Ce constat sans concession n’a pas échappé au chef de l’Etat. Car le 10 février dernier, dans son Message à l’occasion de la 57ème édition de la Fête de la Jeunesse, Paul Biya, évoquant la situation que nous vivons depuis quelques années, a relevé pour le déplorer, le fait que la vitesse d’exécution de certaines de nos politiques publiques se trouvait perturbée par ces multiples chocs. « Il est clair que cet environnement particulièrement contraig...

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