Alimentation scolaire : sortons de la débrouillardise !

Le Cameroun s’est joint à ses pairs africains le 1er mars dernier, pour commémorer la 8e édition de la Journée de l’alimentation scolaire. Cette année, sur la base de la thématique choisie, l’événement était l’occasion de questionner les actions concrètes en termes de réponses apportées aux besoins immédiats de santé, de nutrition et d'éducation des enfants. Avec les projecteurs spécifiquement braqués sur les services des cantines scolaires. Il y a une nette amélioration depuis 8 ans au Cameroun dans les zones où elles développent des projets précis, selon les autorités gouvernementales qui reconnaissent tout de même que beaucoup reste à faire. C’est que l’alimentation scolaire dans la plupart des établissements, publics et privés, de la maternelle au secondaire en passant par le primaire, participe encore du système D. 
Pour bon nombre d’enfants, deux des trois repas quotidiens –le petit déjeuner et le déjeuner- sont pris à l’école. Y parler d’alimentation prend donc tout son sens. Un séjour dans n’importe laquelle de ces institutions à l’arrivée des élèves le matin ou à l’heure de la pause est très édifiant sur la question. D’abord le cadre : à quelques exceptions près, la plupart des écoles, lycées et collèges ne disposent pas d’un espace approprié, sain dédié au repas. Des aventuriers difficiles à tracer en cas de problème offrent généralement leurs services de restauration aux portes des écoles, sans aucun contrôle sur la provenance, ni la qualité des aliments et boissons qu’ils proposent aux élèves. A l’intérieur des établissements, des espèces de cabanons brinquebalants relégués au fond des cours font généralement l’affaire. Quand ce ne sont pas des étals de fortune en plein air, laissant exposés aux quatre vents et aux intempéries les produits proposés à la consommation des élèves. 
Dans cet examen, viennent ensuite les ressources humaines : les vendeurs et les vendeuses. Beaucoup ne paient pas de mine relativement à l’hygiène, tant corporelle qu’en rapport avec les produits qu’ils vendent. On voit régulièrement des vendeurs de « pain-soya », « pain-œuf » et autres « beignets-haricot » plonger des mains sales dans les aliments. A aucun moment, personne n’utilise de l’eau propre et du savon pour se les laver. Les tabliers ou vêtements que d’aucuns portent leur servent d’essuie-tout. Les responsables d’établissement, très peu regardants en la matière, se contentent des certificats médicaux que les préposés déposent dans leurs services. Pourtant, chacun imagine bien que ces documents ne sont pas souvent crédibles, quand on sait comment ils sont obtenus. Conséquences, des personnes susceptibles de porter des germes et autres maladies sont au contact des enfants et de leur nourriture. De la nourriture justement, parlons-en. A visiter le contenu des « assiettes », de la sélection des ingrédients aux conditions de conservation, en passant par la préparation, il y a tant à redire. Il n’y a qu’à voir les conséquences sur la santé des enfants : infestation de vers intestinaux, coliques, diarrhées et autres maladies dites de la saleté. 
Clair que la cantine, la cafétéria ou le réfectoire constituent un domaine auquel un grand nombre d’établissements scolaires ne pensent pas. Ces services participent pourtant des conditions de travail favorables pour les élèves. Ils permettent d’abord de préserver la santé de ces derniers, en leur offrant un cadre et des conditions sécurisées pour leurs repas. En effet dans un système organisé, les plats sont préparés et servis par des restaurateurs connus et régulièrement enregistrés par les responsables compétents. En cas d’intoxication alimentaire par exemple ou de tout autre problème sanitaire, les responsabilités peuvent être aisément établies. En l’absence de cantines aux normes, les enfants mangent mal à l’école : beaucoup de pain et bien d’autres farines. Des sucreries, des chips, des graisses saturées. Pas de légumes et encore moins des aliments variés. On grignote beaucoup. De quoi multiplier les situations d’obésité et de malnutrition.
La mise en service d’une cantine répondant aux normes au sein d&rs...

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