Bonewonda : il plaide l’envoûtement après six mois hors foyer

Melvin D. a abandonné son domicile, ses cinq enfants et une épouse enceinte en novembre dernier, prétextant une quête de solitude, puis a tenté d’y retourner mercredi.

Melvin D., 52 ans, chef machiniste dans une entreprise à Bonabéri a, un jour de novembre 2022, quitté son domicile sis à Bonewonda par Akwa-nord (Douala V), avec juste quelques effets. Au grand dam de ses cinq enfants et de son épouse Merveille, 39 ans, laquelle était enceinte (et presque à terme) du sixième. L’homme va prétexter un besoin de solitude et d’éloignement, puis couper littéralement les ponts.
Une semaine passera sans qu’il ne donne de nouvelles, ni ne cherche à en prendre. A la deuxième semaine, son épouse, responsable des achats dans une pharmacie de la place, fera constater l’abandon de foyer par un huissier. Puis, ira mentionner la situation à la main courante du commissariat de sécurité publique du 9e arrondissement, à Deido.
Quelque temps plus tard, le fils aîné de Melvin, Christian, étudiant d’une vingtaine d’années, décide d’y voir plus clair. Il va un jour se poster aux abords de l’entreprise où travaille son père, attendant l’heure de sortie. Mais son géniteur passera sans qu’il l’ait vu. Parce que le jeune homme s’attend à le voir à pied… Là, une voiture vient de sortir, et s’arrête peu après la barrière de l’usine. Le chauffeur a hélé un vendeur ambulant de bananes et sort du véhicule pour soupeser la marchandise. Christian reconnaît son père. Et constate qu’il a désormais véhicule.
Le jeune homme, qui avait une moto en course, file son géniteur jusqu’à Ndobo (toujours à Bonabéri). Melvin s’arrête devant un portail, klaxonne, puis entre lorsque la barrière est ouverte. Christian attend un moment et comprend que son père ne ressortira pas. Il se renseigne dans le voisinage : la demeure est celle d’une dame, exploitante forestière.
Rentré à Bonewonda, Christian raconte tout. Sa mère lui dit que ce n’est pas à presque 40 ans qu’elle va courir derrière son mari. D’autres parents et proches – dont le couple qui fut parrain du mariage de Melvin et Merveille – informés de la situation, vont essayer de ramener Melvin à la raison, et donc à la maison. Sans succès. Son frère aîné, venu de Yaoundé pour la cause en janvier, a vu son numéro être mis sur liste noire, après un premier appel au cours duquel Melvin lui avait pourtant promis qu’il arrivait…
En mars, Melvin tombe malade. Doublement. Mal au dos et aux yeux. Le machiniste ne peut plus garder longtemps la position assise, et ne voit plus bien. L’entreprise le met à la retraite de manière anticipée. Des employés de la boîte qui lui doivent leur recrutement connaissent sa famille et l’en informent. Avril passe. Le 1e...

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