Gicam – Ecam : trêve de querelles

Douala, la capitale économique du Cameroun, plaque tournante de l’économie de la Cemac, est depuis quelques mois déjà, le témoin gênant d’une querelle dans la case des patrons. Oui ! Les capitaines d’industrie se font âprement la guerre. Lente, mais suffisamment pernicieuse, elle ruine de l’intérieur le pilier du développement économique du Cameroun. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam / Gicam-Ecam suite à la fusion avec les Entreprises du Cameroun) fait la fierté du tissu économique camerounais, voire de la Cemac. Ce mouvement patronal doit-il cette réputation au hasard de l’histoire, à sa capacité à créer plus de richesse ou à l’envergure de ses adhérents ? Difficile de trouver une réponse hâtive à ce questionnement. Dans un couloir où on parle d’habitude bilan, chiffre d’affaires, devise, bénéfice, dividendes… bref toutes ces expressions qui sont l’apanage du secteur privé, on a du mal à admettre ce qui se joue en ce moment. Le patronat a, jusqu’ici, su se faire respecter. Il a su faire faire avancer la situation, à force de plaidoyer, sur certains points après moult concertations. Le Gicam-Ecam a souvent plaidé pour que le gouvernement l’associe aux voyages officiels pour mieux négocier les investissements étrangers au Cameroun ou pour donner une meilleure visibilité de ce qui est produit au Cameroun à l’extérieur. Le Gicam-Ecam, à travers ses dirigeants respectifs, a réussi à avoir des échanges réguliers avec le gouvernement sur la loi de finances, même si les deux partenaires ne sont pas toujours tombés d’accord sur la manière de mener telle ou telle réforme.
Ce Gicam-Ecam-là, n’avait pas de visage ni de couleur politique. Il a souvent été au cœur du Cameroon Business Forum (CBF), cadre de concertation public-privé, présidé par le Premier ministre en personne. Le Gicam-Ecam, pour le Camerounais ordinaire, peut donc être tout, sauf une épicerie. Non, ce mouvement patronal n’a jamais bradé son image de marque. Au fil des ans, par la force de ses réalisations et la qualité de ses dirigeants successifs, le Groupement inter-patronal du Cameroun, à travers ses notes de conjoncture et autres publications, a su s’imposer auprès des Camerounais comme un des baromètres crédibles de l’économie. Il a su forcer l’admiration à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Ce Gicam-Ecam-là se situe à des années-lumière de ce qui se déroule ces derniers mois sur la place publique. Sans pudeur, le Gicam se donne en spectacle. Et tous les coups sont désormais permis. Le siège au quartier administratif, à Bonanjo, jadis ouvert, est aujourd’hui fermé ou presque entre ses murs austères. De cette « nouvelle forteresse », s’ébruitent des sons discordants. En fait, personne ne parle plus au premier venu comme c’est généralement le cas. 
Le plus compliqué, c’est la complexité de la manœuvre. Chaque camp avance masqué, puis à découvert. On croit reconnaître la marque de tel ou de tel autre au Palais de justice, sur les antennes des radios urbaines ou alors les plateaux de télévision. Désormais on étale sa proximité ou son animosité en faveur ou contre untel ou tel clan à travers les tabloïds de la place. Dans cette guéguerre, il n’est pas bien difficile d’identifier, à travers les divers supports médiatiques, le héraut de chaque camp. Après une brève accalmie, la bataille actuellement ravivée au sein du Gicam-Ecam intrigue, pour ne pas en dire plus.
Dans l’absolu, on aimerait bien chercher à savoir ce qui peut diviser des personnalités qui se connaissent si bien ? Qui a intérêt à la radicalisation des positions ?
Quoi qu’il en soit, le Gicam-Ecam, s’il survit à cette zone turbulences, sera toujours appelé à œuvrer pour le rayonnement de l’économie mais aussi pour le bien-être professionnel et financier de ses adhérents. Ces derniers ont pour activité principale la création des richesse...

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