Incivisme : mauvaises pratiques à balayer

L’histoire suivante s’est écrite, des années durant, dans un chef-lieu de département de notre pays. Pendant que les habitants de la cité déversaient les ordures ménagères qu’ils produisaient dans leurs domiciles sur la chaussée, une malade mentale s’évertuait à les enlever et à les mettre dans les poubelles. C’était l’occupation quotidienne de la « folle » qui s’adonnait à cette tâche nuit et jour. Cette anecdote illustre l’un des aspects de l’incivisme qui a atteint des proportions inquiétantes aux quatre coins du triangle national. Recensons pêle-mêle les visages hideux et nauséabonds de l’incivisme dans nos villes et villages. Nuisances sonores distillées par les débits de boissons à longueur de journée et à des heures tardives, déchets jetés par des passagers de véhicules sur la chaussée à travers les vitres, crachats sur la voie publique, insultes vociférées par les moto-taximen et les taximen à l’endroit d’autres automobilistes et vice-versa, recours abusif aux klaxons, non-respect des feux de signalisation, ignorance des règles de la sécurité routière. La voie publique est le terreau idéal de ce type de comportements répréhensibles. La rue est devenue une jungle. Et les transports en commun un exutoire des frustrations.
L’apparition du téléphone portable a apporté aussi son lot de désagréments. Beaucoup d’utilisateurs s’en servent à tort et à travers. On le manipule n’importe comment, devant un supérieur hiérarchique, face à un agent public à qui on s’adresse pour un service ou en traversant la route. Des individus se soulagent en plein air ou contre les murs des habitations ou d’édifices publics. Certaines personnes ignorent carrément les toilettes quand elles existent. Plus grave, elles préfèrent se soulager parfois juste à côté de ces lieux d’aisance. L’incivisme est un véritable cancer social. En parler dans les colonnes d’un journal est un exercice qui peut paraître fastidieux. Car la notion, à la fois large, ample et complexe, couvre un éventail de champs et de domaines. L’incivisme désigne globalement une série de comportements variés et déviants. La chronique que rapportent les médias est nourrie de faits croustillants en décalage avec la norme. Les réseaux sociaux de leur côté sont saturés de faits salaces qui fixent au marqueur rouge les dérapages et les comportements répréhensibles dans nos sociétés contemporaines. Ces dernières semaines, la presse a rapporté divers actes d’incivisme qui ont abouti, pour certains, à des morts d’hommes. Pour d’autres à des dommages importants. 
Un camionneur qui fait déverser,-peut-être inconsciemment- de l’huile de moteur sur la chaussée. Par la suite, l’acte occasionne des accidents mortels de la circulation. Un autre qui conduit en état d’ébriété. Un contrôle de police qui tourne mal du fait de l’impolitesse d’un citoyen, de l’abus d’autorité ou du zèle de l’agent commis à la tâche. La bavure policière s’ensuit malheureusement par un homicide. Les gendarmes mobilisés sur les axes routiers pour la prévention routière en prennent chaque week-end pour leur grade quand ils veulent faire entendre raison à un automobiliste mal intentionné -parfois de hauts fonctionnaires ou des élus qui n’hésitent pas à faire du trafic d’influence ! - sur un manquement. Une maîtresse qui rappelle un élève à ses devoirs et qui se fait rabattre le caquet par ce dernier ou, mieux, par l’un de ses parents. Un usager qui estime qu’il est « trop grand » pour faire la queue dans une boulangerie ou dans un service de caisse d’une grande surface. Le stationnement de véhicules et de motos dans les parkings aménagés est aussi à classer dans la catégorie des sujets qui fâchent. 
Les marchés sont devenus des zones de conflits à la fois latents et patents. Certains commerçants délaissent les comptoirs à eux attribués par l’autorité municipale pour étaler et exposer leurs marchandises sur la chaussée. Dans les villages desservis par un axe bitumé, les trottoirs sont transformés en séchoirs de cacao ou de manioc. Dans les régions d’élevage, certains éleveurs ferment les yeux quand il s’agit d’encadrer leurs animaux, violant ainsi allègrement les règles qui encadrent cette activité. La divagation des bêtes cause des accidents et crée l’insalubrité dans certaines grandes villes du pays. Dans les formations hospitalières, il est de plus en plus courant de tomber sur une infirmière qui écoute de la musique ou regarde ses vidéos plein son, juste à côté du lit d’un malade agonisant. Dans les rapports avec l’État, certains citoyens ne s’acquittent plus de leurs obligations, fiscales et douanières notamment, faisant fi d’ignorer que le non-paiement des impôts a des conséquences néfastes sur l’...

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie