« Il ne s’agit pas de créer des filières tous azimuts »

Pr. Adolphe Minkoa She, recteur de l’Université de Yaoundé II.

Professeur, l’année académique 2023-2024 démarre le 2 octobre 2023. Quel est l’état des préparatifs au sein de votre institution universitaire ?
L’année académique 2023-2024 a démarré, il y a trois semaines avec l’accueil des nouveaux étudiants. Cet accueil se poursuit. Les enseignements vont commencer le 2 octobre. Sur ce plan, les différents chefs d’établissements sont en train de s’apprêter. Les programmations sont prêtes. Les enseignements et toutes les autres activités vont démarrer et se poursuivre selon le calendrier des activités académiques que nous avons signé au mois d’août dernier sur la base du calendrier général publié par le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur.

Quelles dispositions avez-vous prises pour vous assurer de l’effectivité de la professionnalisation des enseignements à l’Université de Yaoundé II ?
La professionnalisation est effective à l’Université de Yaoundé II depuis de très nombreuses années. Nous continuons dans cette perspective-là. Lorsque nous parlons de professionnalisation, nous visons surtout la professionnalisation des enseignements dans les établissements facultaires. Puisque les grandes écoles sont des établissements professionnels. En revanche, notre préoccupation est de renverser progressivement le taux des filières professionnelles par rapport aux filières classiques dans les établissements facultaires. Nous avançons bien, mais prudemment. Il ne s’agit pas de créer des filières professionnelles tous azimuts. Il faut encore qu’elles soient viables, d’autant plus qu’elles coûtent plus cher que les filières classiques. Sauf dans certaines circonstances particulières. Généralement, vous avez des filières professionnelles dans les facultés qui coûtent beaucoup plus cher. 250 000F par an pour les licences professionnelles et 600 000F par an pour les masters professionnels. Donc, vous avez forcément moins de monde pour ce qui concerne ces filières.

Au regard de la poussée des effectifs, quel est le taux d’implémentation de l’enseignement à distance dans votre université ?
L’enseignement en ligne est une préoccupation dans notre université. Nous sommes en train de nous développer. Dans le contexte de la Covid-19, nous avons dû y aller au pas de charge et nous avions adopté la formule minimale qui consistait à mettre les cours en ligne pour que les étudiants puissent les consulter. Mais, le véritable enseignement en ligne, c’est une technologie, une démarche toute particulière pour laquelle les enseignants ont besoin d’être formés. Pour le moment, en continuant avec la formule minimale, nous avons pris attache avec un cabinet et nous avons signé un contrat. La formation des enseignants au véritable enseignement en ligne a démarré dans les deux facultés et nous pensons que très prochainement, avec la mise en marche du centre du développement du numérique, nous allons pouvoir pratiquer le véritable e-learning, selon les standards internationaux.

La nouvelle loi sur l’orientation de l’enseignement supérieur indique la possibilité pour les universités de créer des entreprises et des fondations. Avez-vous déjà envisagé cela ?
Notre université n’a pas attendu cette loi pour créer un cabinet d’études, structure formelle conforme au profil de l’Université de Yaoundé II qui est une université des sciences sociales. Il s’agit d’un cabinet d’études sur le plan du droit, de la science économique, de la science de gestion, de la communication, de la démographie. Nous entendons travailler avec les organismes publics, privés et les organisations internationales. C’est le cabinet de l’université qui mobilise les expertises de l’université. Ce n’est pas un centre de stage pour étudiants. C’est une structure qui permet à l’université de vendre son expertise.

L’autre volet de la réforme porte sur le renforcement des garanties et des protections accordées aux enseignants et aux étudiants dans le cadre des travaux scientifiques. Comment cela pourrait-il être mis en œuvre ?
À l’Université de Yaoundé II, nous avons mis en place une charte de thèse qui lie l’enseignant et l’étudiant. En même temps, elle impute des obligations à l’université qui doit veiller à ce que le travail soit fait dans des délais raisonnables, qu’il ne soit pas supervisé par des enseignants surchargés. C’est pour cela que nous avons limité et appliquons effectivement 15 thèses à la fois par enseignant. Cela permet à l’enseignant de suivre ces étudiants et que les travaux soient faits dans les délais raisonnables. Nous veillons également à l’intégrité des travaux, avec un contrôle systématique anti-plagiat pour les doctorats. Nous allons l’étendre aux Masters pour être sûrs que les travaux soutenus dans notre universit&eac...

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