« Il y a une ouverture des musées allemands pour un dialogue »
- Par Yannick ZANGA
- 13 Jan 2026 10:34
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De Bangoua Legrand Tchatchouang, promoteur de la Kamerun Haus et membre du Comité interministériel chargé du rapatriement des biens culturels camerounais illégalement exportés à l’étranger.
À quel niveau se situe le dialogue avec les interlocuteurs allemands sur la restitution de nos biens culturels ?
La dernière mission du Comité interministériel en charge de ces questions date de février 2024. Nous avons échangé avec tout le réseau des musées allemands à travers un dialogue officiel. Il y a eu des perspectives concernant le retour des biens culturels camerounais. Il revient maintenant aux deux États de définir les conditions de retour du patrimoine. Sinon, dans ce travail, il y a eu déjà une identification des premiers biens, des promesses au niveau de l’Allemagne concernant le retour de quelques objets. Ces promesses résultent des revendications des communautés et de l'appréciation de l'État puisque la restitution est une question d'État à État. Il y a eu un travail au niveau des communautés. Un travail scientifique a été fait. Maintenant, nous sommes à une dimension politique qui n'est plus de notre compétence. Je pense que c'est à l'issue des négociations entre les États qu’il pourra y avoir une restitution effective. Nous gardons espoir.
Existe-t-il une véritable volonté du côté allemand de restituer des pièces qui constituent de véritables attractions de ces musées ?
Je ne saurais véritablement me prononcer sur la dimension politique et diplomatique de la question. Maintenant, en ce qui concerne les travaux de recherche, de collaboration, je peux vous dire que des gestes symboliques se multiplient et se succèdent. Ils vont dans le sens d'une reconnaissance toujours plus grande du passé colonial. Il y a une ouverture des musées pour un dialogue avec les communautés d'origine. Cette nouvelle pratique, qui s'intitule la décolonisation des collections, nous a fait nous rendre compte que ces nombreux trésors sont définis dans une perspective essentiellement européenne ou eurocentrique traditionnelle. Il y a donc cette convocation, cette volonté d'associer les acteurs locaux, les artistes et les communautés d'origine pour la réécriture du nouveau récit qui accompagne ces collections. C'est déjà une volonté des musées de décoloniser leurs pratiques et c'est apprécié. Maintenant, il y a cette dimension politique qui ne peut pas nous donner de fausses compétences parce qu'il faut reconnaître aussi que c'est un patrimoine inaliénable selon les lois de ces pays. Il y a cette dimension juridique, politique, diplomatique qui doit être multipliée pour pouvoir avoir une vue générale sur la position de ces pays concernant ce patrimoine. Pour ce qui est de la Belgique, il y a une loi qui a été adoptée pour faciliter la restitution. Les musées de France ont soumis au Sénat et au Parlement quelques lois pour faciliter le retour du patrimoine camerounais. En ce qui concerne la France, le musée d'Angoulême est en tête de file pour assurer cette dynamique de ce côté-là. Nous avons de forts espoirs que les prochains mois ou les prochaines années, il y aura forcément une dynamique de dialogue avec les musées européens sur la question.
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