Zones industrielles : l’urgence d’assainir
- Par Olivier LAMISSA KAIKAI
- 13 May 2026 11:32
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On reparle de l’occupation illégale des terres. Cette fois, cela concerne les zones industrielles. A la faveur d’une réunion tenue à Yaoundé, les responsables de la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (Magzi), les entreprises concernées et les communes se sont retrouvés autour d’une table récemment, pour tenter d’apporter des éléments de réponse à ce casse-tête foncier. La superficie querellée est de 316 hectares dans la zone industrielle de Yaoundé (Nsam et Mvan). 316 hectares volés, morcelés, revendus et bétonnés dans l’illégalité. Des centaines d’hectares subissent le même sort à Douala et dans d’autres cités du pays. Là où devraient sortir des usines, des emplois, de la valeur ajoutée, poussent aujourd’hui des villas privées, des églises, des bars, des motels… Le poumon économique est transformé en habitat ordinaire. Loin de la mission première et originelle de ces espaces marchands. L’urgence est de mettre un terme à ces occupations anarchiques et illégales. Pourtant, le plan directeur du foncier est clair pour tous les acteurs : ces terres appartiennent au domaine privé de l’Etat, affectées par décret à l’usage industriel exclusif, dont la gestion est confiée à la Magzi. Aujourd’hui, la réalité est autre : des familles, des mairies, de nouveaux propriétaires coutumiers… ont vendu et revendu la zone au mètre carré. Parfois avec des titres douteux à la clé. Des entreprises ont acheté, parfois de bonne foi, souvent en connaissance de cause. Résultat des courses : sur les 1000 hectares théoriques de Yaoundé, par exemple, 316 hectares sont déjà spoliés. Ailleurs, la spoliation est plus importante. Et le grignotage continue, à coups de bulldozers nocturnes et de papiers timbrés douteux. Il faut revenir au respect du plan directeur foncier et des textes en vigueur. Qui est vraiment responsable de cette situation ? Tout le monde se renvoie la balle. Les mairies délivrent des permis de bâtir sur des zones industrielles, parfois sans aucune base légale. Mais, elles avancent des arguments selon lesquels les populations ont besoin de logements. Le fond de cette affaire est la course vers les taxes et les dessous de table. Certaines entreprises adjudicataires jouent aussi le jeu en participant à cette spéculation foncière. Prenons par exemple, l’entreprise Oméga qui a eu deux ha pour une usine en 1998. Plus de 28 ans plus tard, l’usine occupe à peine 200 mètres carrés. Le reste est lotis et revendu aux plus offrants, à 25 000 F/m2, voire plus. La Magzi crie au scandale et ne cesse de distribuer des sommations, sans effets. Pourquoi est-il urgent d’assainir aujourd’hui ? Le Cameroun perd beaucoup pendant que les acteurs se querellent. Perte des recettes fiscales, perte de l’attractivité, perte de plus de 30 000 emplois potentiels…, selon des sources proches du dossier. Une usine ne peut pas s’installer à côté d’une maison d’habitation ! Un pays qui importe des cure-dents et les tomates concentrées ne peut pas atteindre facilement l’émergence dans les délais projetés. Sans foncier industriel sécurisé, pas d’usine. Sans usine, pas de transformation de matières premières. Sans transformation, on reste un comptoir pour les pays industrialisés. Les grandes métropoles de Yaoundé ou Douala ont besoin d’emplois structurés pour les m...
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