Motos-taxis : l’impératif de bonne conduite

En plein 12h le lundi 18 mai 2026 au carrefour Etoa- Meki à Yaoundé, une dame pousse des cris stridents. Son sac à main vient d’être arraché par des occupants d’une moto-taxi, alors qu’elle attendait sans aucun doute un véhicule. La victime et les riverains n’ont pas pu rattraper les brigands. Le conducteur et son passager ont fondu dans la nature après le forfait. Laissant derrière eux, la victime désemparée, en larmes. Ce cliché n’est pas un cas isolé dans la capitale comme dans bien d’autres villes du pays. L'insécurité liée à la circulation des motos-taxis devient de plus en plus préoccupante. Ces engins à deux roues dont bon nombre ne sont pas immatriculés et identifiés semblent devenir des outils privilégiés pour les vols à la tire parce que permettant aux agresseurs de se mouvoir aisément en ignorant les trottoirs et les sens interdits. Le comportement corporatiste des conducteurs déclenche souvent des mouvements de foule. Un simple contrôle de police ou un accident bénin peut provoquer le rassemblement de dizaines de conducteurs bloquant la circulation. Sans oublier qu’une grande partie des conducteurs opèrent dans l'informel le plus total : sans pièce d’identité, sans permis de conduire, sans assurance ni gilet d'identification sectoriel. En l’absence de statistiques récentes, les données officielles du ministère de l'Administration territoriale démontrent que les motostaxis sont impliquées dans la quasi-totalité des agressions de rue. Entre août et septembre 2023 par exemple, le ministère faisait état de plus de 700 agressions, 200 viols et 930 cas d’accidents graves répertoriés, impliquant directement des conducteurs de motos-taxis dans les villes de Yaoundé et Douala. Avec près de 110 cas de détournement d'itinéraires à des fins de dépouillement dans les zones périphériques sombres. S’ils sévissaient déjà ainsi en 2023, en cette année 2026, ils semblent ne pas avoir lever le pied. Sous le couvert de conducteurs de motos, ils s’en prennent à de nombreuses personnes parfois fragiles. Dans certains quartiers de Yaoundé, il devient de plus en plus risqué de se tenir au bord de la route, en possession de son sac à main ou de son téléphone. Si la zone est fréquentée par des conducteurs de ces engins à deux roues, l’agression n’est pas souvent très loin. Quand ces derniers n’arrachent pas vos biens, ils détournent l’itinéraire. A destination, certaines de leurs victimes voient de toutes les couleurs. Les forces de l’ordre abattent un travail de titan de jour comme de nuit afin que les populations puissent vaquer à leurs occupations. C’est d’ailleurs peu de dire que c’est grâce à elles que certains ont trouvé une relative accalmie, après des semaines ou des mois de peur permanente. Au regard de la situation qui prévaut, tout porte à croire qu’ils ont encore du pain sur la planche. Les conducteurs de motos et leurs complices sont toujours en activité. Ils dépouillent et traumatisent les personnes retrouvées au mauvais endroit au mauvais moment. Les vols, agressions et autres changements d’itinéraires ne faisant pas bonne publicité, l’heure semble venue pour les conducteurs de motos de changer leurs manières d’agir et de conduire. On ne peut pas gagner sa vie en traumatisant les autres. En traumatisant non seulement par des agressions, mais aussi par les blessures causées par leur conduite irresponsable. Le respect du Code de la route n’est pas négociable. Il est obligatoire à tous les usagers de la voie publique. Les conducteurs de motos ne sont pas au-dessus des lois. L’appel à plus de responsabilité des uns et des autres, s’appuie sur des données hospitalières alarmantes. Les services d’urgence, notamment ceux de l’Hôpital central de Yaoundé, enregistrent quotidiennement une part considérable de traumatismes graves consécutifs à des accidents de deux-roues. En cause : des agissements à haut risque passés au statut de fâcheuses habitudes. Conduite à contresens sur les axes lourds, dépassements dangereux par la droite, non-respect flagrant des feux de signalisation et surcharges excessives (parfois deux à trois passagers sur une seule selle), ainsi que la violation des zones interdites à la circulation. On se souvient qu’en 2012, dans un arrêté conjoint signé par Gilbert Tsimi Evouna, alors délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé et Jean Claude Tsila, préfet du Mfoundi de regreté mémoire, la circulation des motos-taxis à titre onéreux avait officiellement été bannie du centre urbain, limitant légalement leur activité à la périphérie et aux zones enclavées. Cet arrêté, qui à ce jour n’a jamais été abrogé, sert de base légale pour mener des opérations régulières de saisie et de mise en fourrière des contrevenants. Malgré l’existence de ce texte et des actions régulière...

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