Automédication: Mes lunettes au coin de la rue

De nombreux usagers ont tendance à aller vers les opticiens et de simples commerçants sans passer par les ophtalmologues.

L undi 13 juillet, Carrefour Inten­ dance, montée « Camair » à Yaoundé. Devant un étal de fortune, un fragment de miroir fait office de cabine d’essayage à ciel ouvert. Jonas Ndeng tend des mon­ tures à sa fiancée, Bernadette Ze. Une centaine de paires sont ali­ gnées. Institutrice, la trentenaire cherche une paire pour lire et travail­ ler sur ordinateur sans avoir mal aux yeux. « Je n’ai pas eu besoin d’aller à l’hôpital, il n’y a rien d’alarmant. Avec le soleil, je me suis dit que des lunettes ordinaires suffiraient pour me protéger », confie-t-elle. Consultation en bordure de rue Dans les marchés central et Mokolo, le décor est le même. Les vendeurs de lunettes interpellent les pas­ sants. Ici, pas besoin de rendez- vous, ni d’attente. On choisit la mon­ ture, on prend les verres, on paie. Les prix vont de 10 000 à 50 000 F, avec possibilité de négocier. Pour beaucoup, le calcul est simple. Ruth Eknow, étudiante et mère de deux filles, justifie son option choisie. « La consultation chez l’ophtalmo­ logue coûte 5000 F. Je passe d’abord là-bas. Mais au lieu de payer 75 000 à 100 000 F la paire en clinique, j’ai deux paires à 50 000 F chez un ami qui vend les verres », explique-t- elle. La ruée vers les opticiens Dans les petits cabinets d’optique qui bordent les rues, les motifs de consultation se ressemblent : se pro­ téger du soleil, filtrer la lumière bleue, soulager la fatigue visuelle et les maux de tête. Certains viennent aussi pour tester leur acuité et dé­ pister une myopie, une presbytie ou un astigmatisme. « L’opticien est souvent plus accessible, les délais sont plus courts et la prise ...

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