Nuisances : ce bruit qui monte…
- Par Yvette Mbassi
- 31 Jul 2026 06:49
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L a pollution sonore. Véritable fléau de notre temps. La plupart des Camerounais estiment en souffrir au quotidien. Et ce depuis des années. La situation est tellement préoccupante que les autorités sont ré gulièrement obligées de servir des rappels à l’ordre. Ainsi, la Communauté urbaine de Douala. L’institution a ouvert un nouveau front contre les nuisances sonores depuis le 3 juillet dernier. Des contrôles sont menés dans différents arrondissements de la capitale écono mique. Les zones de Makèpè, Logpom, Bonamoussadi, Akwa-Nord, entre autres, ont déjà reçu plusieurs visites des équipes préposées aux contrôles. Question d’assurer le respect de la tranquillité, du repos et du cadre de vie des honnêtes citoyens, les débits de boissons sont particulièrement ciblés. Dans la foulée, ceux gé nérant des nuisances sonores ont reçu les sanctions appropriées. D’autres, n’ayant pas encore été sensibilisés au respect de la règlementation en vigueur, ont plutôt reçu des convocations admi nistratives. Une action coup- de-poing que les habitants des quartiers visités apprécient à sa juste valeur et désirent voir s’installer dans la durée. Tandis que d’autres souhaitent la voir étendue à l’ensemble des villes du pays et de manière perma nente. C’est que le bruit est devenu un véritable problème chez nous. Et il n’y a pas que celui produit par les bars ou les églises de réveil, sur la sellette ces derniers temps. Dans les quartiers, cela commence parfois par un réveil brutal sous les décibels assourdissants de la chaîne hi-fi d’un voisin indélicat. D’autres fois, ce sont les alarmes tonitruantes pour voiture, les chants de coq et aboiements de chiens qui servent de réveil matin aux habitants de quartiers pourtant résidentiels. Et cela se poursuit toute la journée, et jusque très tard le soir, sinon le lendemain. Entre les bruits de comportements (conversations, jeux d’enfants, fêtes, bricolages, cours d’écoles, cris d’animaux), les appareils domestiques (électroménager, ventilation, groupe élec trogène, etc), les activités économiques (boîtes de nuit, industries, chantiers de constructions…), les klaxons de véhicules et le trafic routier, on ne sait plus quand et où se couler des moments paisibles dans les milieux urbains. Des travaux de recherche montrent que ces 10 dernières années, l’activité humaine a doublé les bruits artificiels et multiplié le niveau du bruit de fond. Certains endroits, comme les marchés, les rues abritant des commerces d’électronique, les débits de boissons et autres « lieux de plaisir », sont même 10 fois plus bruyants. La pol lution qui en découle devient un enjeu de santé publique et une inquiétude, même pour les organisations professionnelles. En 2022, le rapport Frontières du Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) sonnait déjà l’alerte, en identifiant la pollution sonore urbaine comme l’un des trois problèmes qui menacent la santé publique mondiale. Le document révélait plusieurs types d’impacts sanitaires du bruit. D’abord, les e...
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