« Les besoins sont énormes »

Dr Daniel Ekoua, directeur de l'Hôpital Jamot.

Qu’en est-il réellement du projet de ramassage des malades mentaux dans les rues ? Nous avons bénéficié par le passé de l'accompa­ gnement de la mairie de la ville. Mais depuis plusieurs mois, ce soutien s'est arrêté pour des raisons que nous ignorons. Nous nous battons avec les fonds propres de l'Hôpital Jamot. La consultation étant à 600 F, nous n'avons pas assez de moyens pour soutenir ces malades. Nous enregistrons aussi des donations des personnes de bonne volonté, des as­ sociations et confessions religieuses. Il y a même certains organismes internationaux qui apportent aussi leur soutien. Mais ce n'est pas régulier. Et sans vous le cacher, les besoins sont énormes. Comment s’effectue actuellement la prise en charge des patients ? Plusieurs personnes souffrant de maladies mentales qui errent dans la rue sont régulièrement amenées ici. Parfois par les personnes qui les rencontrent, parfois par certaines structures, telles que l'aéroport. On les abrite au « Village de l’amour » en leur offrant une prise en charge gratuite. Cette prise en charge est pluridisciplinaire. Elle va de l'hygiène corporelle à une prise en charge vestimentaire, en passant par la nutrition, à une prise en charge médicamenteuse. Y a-t-il des dispositions à prendre pour préserver sa santé mentale ? La santé mentale est très complexe. Un état de mal-être ou une irritation permanente ou ponctuelle peuvent être un signe d'aler...

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