Les causes d’un mal profond
- Par Rabiyatou IBRAHIM
- 20 Aug 2026 15:11
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Des usagers en quête de facilité et des usurpateurs redoublant d’ingéniosité, accentuent le phénomène.
I ls sont nombreux à rechercher des issues rapides à leurs dé- marches administratives sans vouloir passer par les circuits normaux et légaux. Alors qu’il existe des services appropriés pour chaque besoin administratif, certains usagers préfèrent passer par des individus « introduits », pour faciliter l’acqui- sition d’un bien ou d’un service. Im- patience face à la ‘complexité’ des procédures, reflexe de corruption pour d’autres, voilà autant de pra- tiques de contournement qui finis- sent par conduire ces victimes dans les mailles des usurpateurs. Les frères Bodo, deux jeunes étudiants à l’Université de Yaoundé II-Soa en savent quelque chose. « A l’époque, nous étions candidats au concours d’entrée à l’Ecole militaire interar- mées. Un cousin nous a mis en contact avec un monsieur qui s’est présenté comme étant cadre au mi- nistère de la Défense. Il nous a dit qu’il était en contact permanent avec le ministre. Il nous l’a prouvé d’ailleurs, avec plusieurs de ses pho- tos aux côtés de hauts gradés mili- taires, y compris le ministre. Nous nous sommes battus pour trouver la somme qu’il a demandée comme avance. Mais pour finir, il nous a es- croqués. C’est après qu’on se rend compte que c’était un usurpateur d’identité et que toutes photos bran- dies étaient des montages », té- moigne Luc Bodo, victime. Harouna Ali, jeune commerçant au marché d’Etoudi a quant à lui remis son acte de naissance et une somme de 50 000 F à un faux policier, censé lui établir une Carte nationale d’identité (CNI) en… 24 heures ! Blo- qué pour double nationalité, le jeune homme avait passé deux ans sans CNI. Ne connaissant pas le circuit normal pour gérer le problème au- quel il faisait face, Harouna s’était néamoins rendu au Centre de pro- duction des titres identitaires où il est tombé sur deux individus qui se sont présentés à lui comme agents de la police. « Ils étaient en civil, mais l’un d’entre eux était en tenue de police sur sa photo de profil WhatsApp, et cela m’a rassuré. Il m’a juste demandé de lui envoyer une photo du récépissé de ma CNI bloquée afin qu’il puisse effacer les données dans le système. Après avoir envoyé ce qu’il a demandé en plus d&r...
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