Fluctuations des prix: Les producteurs en mode résilience

A défaut d'abandonner la filière, beaucoup continuent de travailler malgré tout, nourrissant l’espoir des lendemains meilleurs.

V endu il y a deux ans environ, à 6000 F le kg, le cacao avait at­ teint son âge d'or au Cameroun. Mais, entre-temps, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Ainsi, après le temps de gloire, les producteurs ont dû faire face à des fluctuations per­ manentes. Les prix pratiqués ne les arrangent plus. En début d'année par exemple, les producteurs du Sud ont été contraints de vendre leurs récoltes à 1000 F, voire 800 F le kg. Ce prix n'était pas différent dans d'autres bas­ sins de production. Ici, pour contourner la situation, beaucoup de planteurs avaient décidé de stocker leur pro­ duction, en attendant une éventuelle remontée des prix. Aujourd'hui, les cours connaissent globalement une légère hausse dans la plupart des bas­ sins de production. Sur son site web, l'Office national du cacao et du café (ONCC) indique un prix minimum de 2600 F/kg au 18 août 2026. Dans la ville d'Ebolowa, les principaux bureaux d'achat proposent le prix de 2000 F. Quoi qu'il en soit, les fluctuations que connaît la filière constituent une préoc­ cupation majeure pour les producteurs. De Biwong-Bulu à Zoetele, en passant par Ambam, Ebolowa ou Mvangan, les producteurs ne savent plus à quel saint se vouer. Albert Lingom, produc­ teur de cacao au Sud et dans la Sa­ naga-Maritime, région du Littoral, ne cache pas sa désolation face à cette situation. Selon son témoignage, se fiant à l'embellie alors observée avec 6000 F/kg, il avait mis une pépinière de 15 000 plants au sol dans la ville d'Ebolowa pour étendre ses planta­ tions. « Ce projet visait à accentuer la relance de la filière qui commençait à nous donner beaucoup d'espoir », ex­ plique-t-il. Seulement, au fur et à me­ sure que les plants grandissaient, les prix ont commencé à jouer au yoyo. «...

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