« Nous sommes en train de réexaminer notre coopération avec la société civile »
- Par Lucien BODO
- 26 Aug 2026 06:33
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Rev Dr Dieudonné Massi Gams, président de la Commission nationale anti-corruption.
Monsieur le président, dans un communiqué signé le 18 août dernier, vous vous insurgez contre les agissements illégaux de certaines organisations de la société civile. A l’heure ac tuelle, quel est le niveau de coo pération entre la Conac et ces acteurs ? La lutte contre la corruption est une activité inclusive et aucun acteur ne peut être mis à l'écart. C'est pour cette raison que les organisations de la société civile sont toujours des par ties prenantes dans ce combat au Ca meroun. Certaines d'entre elles font partie des cellules de lutte contre la corruption au sein des administrations publiques et privées. D’autres se sont fortement mobilisées contre ce fléau qui sévit dans la plupart des adminis trations publiques de notre pays. C’est louable. Cependant, au niveau de la Conac, la plateforme de collaboration avec les organisations de la société civile que nous avons établie en 2011, appelée « Coalition nationale anti- corruption », fait actuellement l’objet d’un réexamen. Nous devrons revoir la procédure d'adhésion à la Coalition afin que seules les organisations de la société civile crédibles, dévouées et déterminées à servir l'intérêt gé néral, plutôt que leurs propres intérêts, soient admises au sein de cette pla teforme. Pour le moment, nous tra vaillons avec certaines associations dont les activités sont présentées dans les différents rapports annuels sur l'état de la lutte contre la corruption au Cameroun. Quelle évaluation en faites-vous? Le bilan de la collaboration entre la Conac et la société civile laisse un goût à la fois amer et doux. Amer en raison des abus commis par certains acteurs de la société civile, et doux grâce aux actions percutantes que nous avons menées ensemble pour lutter contre ce fléau qui ronge notre pays. Les membres de la Coalition évoquée plus haut étaient régulière ment sollicités lors de nos interven tions sur le terrain, notamment pour mobiliser les populations contre la corruption à travers des campagnes d’éducation et de sensibilisation. Ce pendant, au fil des années, certaines organisations de la société civile ont abusé de cette relation. Profitant de la réputation de la Commission et sa chant que celle-ci ne dispose pas de bureaux régionaux ou départemen taux, quelques membres de la Coalition se sont autoproclamés représentants de la Conac dans diverses localités du pays ; certains allant même jusqu’à mener des enquêtes qui ne relevaient pas de leurs prérogatives. Cela a, en effet, semé la confusion dans l’esprit des populations, d’autant plus que certaines de ces organisations étaient impliquées dans des opérations de terrain douteuses, des actes d’extor sion et du trafic d’influence. Cela a été porté à notre attention. Nous avons donc décidé de suspendre la Coalition en 2025. Un groupe de travail a été créé pour réexaminer de fond en comble les critères d’éligibilité à celle-ci. En quoi la société civile est-elle importante dans le dispositif na tional de lutte contre la corrup tion ? La société civile, de par son rôle d’ac teur de terrain, est incontestablement un acteur majeur de la lutte. C’est pour cette raison qu’elle constitue l’un des piliers d'intégrité de la Stra tégie nationale de lutte contre la cor ruption du Cameroun. À ce titre, les organisations de la société civile sont appelées à jouer un rôle essentiel de veille. Elles ont pour responsabilité de mobiliser les communautés, de dé noncer les faits de corruption et les infract...
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