« Le Cameroun offre un bon exemple à suivre »
- Par Sainclair MEZING
- 04 Sep 2026 08:56
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Hele Pierre, ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable.
Vous avez conduit une délégation came rounaise à la 17e Conférence des Parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification qui s'est tenue à Oulan-Bator, en Mongolie, du 17 au 28 août 2026. Que retenir de ces as sises ? Il y a eu des échanges entre les différents pays membres de la convention et chacun a étalé un peu son expérience, ce qui est fait sur le terrain, ce qu'il entend faire dans l'avenir et ce qu'il attend également de la communauté in ternationale. Pour ce qui nous concerne, nous avons eu à leur dire à quel point la mise en œu vre de cette convention tient à cœur le prési dent de la République, son excellence Paul Biya, qui ne ménage aucun effort pour nous aider à répondre aux objectifs poursuivis par cette conférence tenue en Mongolie. A ce niveau, nous avons eu à faire des présentations et cu rieusement, nous avons une surprise agréable : nous avons été applaudis par bien des pays qui pensent que l'exemple viendrait vraiment du Cameroun qui a bien exposé ses problèmes et comment il entend les résoudre. Sur le plan international, des dispositions existent. Il y a la COP sur la désertification et nous avons la AFR100. Donc il est question que d'ici 2030, on consacre au moins des efforts pour restaurer 150 millions d'hectares de terres en Afrique de façon globale. Et nous avons fait notre inven taire et il s'avère que le Cameroun a 12 millions d'hectares dégradés. Il y a hui millions qui se trouvent dans la partie septentrionale et puis les quatre autres dans le reste du pays. Et nous avons pris cet engagement pour que, à chaque budget de l'année, nous prévoyons une provi sion pour restaurer les terres dégradées. Et sur les 12 millions d'hectares dégradés, nous avons déjà fait restaurer près de 500 000 hectares. Par quoi sont dégradées ces terres ? Il y a un peu de tout. Parce que ce que nous di sons rentre dans le cadre d'un fléau planétaire : la perte de la biodiversité, la lutte contre la pollution et le changement climatique. Ça fait partie des fléaux qui menacent toute l'humanité entière. Il y a de la dégradation des terres qui rentre dans la perte de la biodiversité. Nous fa briquons des foyers améliorés pour éviter que les gens se mettent à couper abusivement les arbres. Nous replantons également les arbres et reboisons de façon régulière. Mais, quand on fait le bilan, nous trouvons que ce n'est pas as sez par rapport à nos ambitions, parce que les moyens financiers ne sont pas à la hauteur des enjeux. Mais sinon nous sommes décidés et nous pensons qu’à travers la coopération inter nationale, on ira là où il y a des appuis, on va solliciter un appui financier pour que nous puis sions restaurer les 12 millions de terres dégra dées. Mais ce n'est pas suffisant de faire res taurer, il faut aussi surveiller parce qu’il y a des coupes abusives qui persistent aussi, qui ag gravent. Il faut des mesures très importantes à prendre. Et nous avons cité l'exemple du Tchad, un pays voisin, qui a prévu des mesures régle mentaires et législatives sévères. Celui qui coupe un arbre est puni d'un emprisonnement de un à cinq ans, d’une amende de un à cinq millions de F. Au Cameroun la réglementation n'est pas aussi sévère et nous sommes en train de réviser la loi-cadre. Je pense que cette dis position va figurer dans la loi-cadre. Toute per sonne qui se met à couper les arbres de façon illégale, sera punie d'une amende et d'un em prisonnement. C'est une mesure très bien sa luée et comme ça, les gens qui se plaisent à couper pour couper pourront mettre un terme à ce genre de comportement irresponsable qui contribue à la dégradation de nos forêts. Les assises d’Oulan-Bator se sont ache vées sans consensus sur un protocole contraignant dédié à la désertification. Qu’est-ce qui, à votre avis, peut expliquer les blocages et les désaccords survenus à l’occasion ? Les négociations ont été quelque peu bloquées et nous avons pris acte, tout simplement. Mais, les Africains sont décidés à aller de l'avant pour que nous puissions atteindre l'objectif poursuivi, c'est-à-dire restaurer nos terres dégradées. On n’en a pas fait un problème particulier, mais la conférence s'est bien poursuivie avec des ren contres en plénière et puis des concertations. Je pense que le travail a été salué et nous sommes très contents de l'engagement que nous avons constaté au niveau internation...
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