Séquestration, traite des personnes et extorsion de fonds: Huit Congolais libérés à Yaoundé

Sur la base de fausses promesses d'emplois bien rémunérés, ces étrangers ont été extirpés des mains de leurs ravisseurs la semaine dernière au quartier Ekoumdoum.

I l faut s'enfoncer dans les pro­ fondeurs du quartier Ekoumdoum à Yaoundé pour la trouver. Une petite maison verte dont le crépis s'effrite. Trois petites marches car­ relées de rouge et de blanc devant la porte. Une bâtisse qui ne paie pas de mine. À l'intérieur, l'insalubrité est totale : moisissure aux murs, odeurs pestilentielles d'urine et de sueur. Dans une pièce unique de 12 mètres carrés, 15 personnes s'y en­ tassaient au départ. Lors de l'inter­ vention des éléments de la Légion de Gendarmerie du Centre la semaine dernière, les pandores n'en ont trouvé que huit, assis à même le sol boueux sur des matelas déchirés. Parmi les victimes, huit personnes âgés de 22 à 34 ans, dont sept originaires de la République démocratique du Congo et un de la République du Congo. Tous traumatisés, prostrés, incapables de parler, avec à leurs côtés des livrets « Bio Disc 3 » et des produits « Ignite ». Pour les attirer dans leurs filets, les ravisseurs avaient un mode opéra­ toire bien huilé. Tout commence par une fausse offre d'emploi. « Via un stratagème qui consistait à leur pro­ mettre un travail rémunéré à 250 000 F, ce qui était faux », explique le commandant de la légion de gen­ darmerie du Centre, le Colonel Joseph Nguele. Le premier Congolais arrive à Yaoundé, attiré par la promesse d'un emploi de bureau bien rémunéré. À son arrivée, on lui confisque pas­ seport et t&eacu...

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