« Nous devons renforcer la formation en menuiserie »
- Par Junior MATOCK
- 28 Sep 2026 19:54
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Jean Claude Dongmo Tanda, président du Salon africain du bois, de l'artisanat, de la décoration et du développement des communautés locales au Cameroun.
Depuis un moment, des show rooms où sont exposés des meubles dans les grandes villes, notamment à Yaoundé et Douala se multiplient. Qu'est-ce qui peut expliquer cela ? La multiplication des espaces de vente de meubles est, en soi, une évolution normale dans un pays en développement et dans une écono mie qui se diversifie. Elle traduit l'existence d'une demande et l'émergence progressive d'un véri table marché du mobilier. Je consi dère donc ce phénomène comme un signe positif. Mais, il faut regar der ce qui se cache derrière cette apparente croissance. Aujourd'hui, une partie importante de ces meu bles est exposée dans des espaces qui ne sont pas toujours de vérita bles showrooms structurés. Beau coup occupent encore les trottoirs ou des espaces précaires. Cela mon tre que nous avons un marché, mais que nous n'avons pas encore suffi samment organisé la filière. Il y a également une évolution très im portante du produit lui-même. Le meuble entièrement réalisé en bois massif, notamment dans l'ébéniste rie traditionnelle, tend à perdre du terrain au profit du meuble tapissé. Pourquoi ? Le meuble tapissé répond à plu sieurs contraintes du marché ac tuel. Il est généralement moins cher, plus rapide à produire et de mande moins de temps d'apprentis sage. Prenons l'exemple d'un lit. Un lit entièrement réalisé en bois mas sif, correctement conçu, assemblé, poncé, fini et éventuellement sculpté, peut demander plusieurs semaines de travail. Un modèle ta pissé peut être réalisé beaucoup plus rapidement. Cela répond donc à un problème réel : celui du pouvoir d'achat, des délais de livraison et du manque de main-d'œuvre suffisam ment formée. Mais cela ne doit pas nous faire oublier la question es sentielle : quel modèle d'industrie voulons-nous construire ? Ce que nous observons aujourd'hui dans les rues est un éveil entrepreneu rial. C'est une bonne chose. Mais cela ne représente, à mon sens, qu'une petite partie du potentiel réel de la transformation du bois au Cameroun. Le véritable enjeu est de passer progressivement de l'acti vité artisanale dispersée à une chaîne de valeur organisée : bois lé gal, séchage, sciage, transforma tion, fabrication, finition, design, distribution et, demain, exporta tion. Le ministère des Forêts et de la Faune reconnaît d'ailleurs le meu ble comme relevant du quatrième degré de transformation du bois, c'est-à-dire parmi les produits finis ou prêts à l'emploi. C'est précisé ment cette transformation poussée que nous devons développer. Comment peut-on pérenniser cette activité afin de limiter du rablement l'importation de meu bles ? C'est ici que se trouve, à mon avis, la véritable question stratégique. Le Cameroun possède une res source forestière considérable, des artisans talentueux et un marché intérieur important. Pourtant, nous avons encore du mal à transformer suffisamment cette richesse en produits finis capables de satisfaire massivement notre marché et, demain, d'aller conquérir les marchés extérieurs. C'est un pa radoxe. Nous ne devons pas nous contenter de dire : « Achetons ca merounais ». Nous devons construire les conditions qui per mettront au produit camerounais d'être compétitif, disponible, dura ble, esthétique et exportable. Je vois cinq priorités majeures. Pre mièrement : organiser les espaces de vente, en cr&eacut...
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