« L’absence des conjoints affaiblit la dimension rituelle »

Sa majesté Pius Claude Onana Adzengue, chef traditionnel de 3ème degré du village Mgbabang 2, dans la Lékié.

Dans quels cas la tradition autorise-t-elle un mariage coutumier en l’absence de l’un ou des deux conjoints ? La tradition prévoit principa­ lement deux situations où une forme de dot peut être organisée en l’absence d’un conjoint. La première concerne le décès d’un époux ou d’une épouse, afin de régulariser certaines obligations fami­ liales et coutumières. La se­ conde concerne l’absence pro­ longée d’un conjoint, par exemple lorsqu’il a disparu, vit à l’étranger ou ne peut pas se déplacer pour des rai­ sons professionnelles, mili­ taires ou administratives. Dans ces cas, les familles peuvent procéder à certaines formali­ tés coutumières pour main­ tenir les liens entre les deux familles, même si la présence physique des conjoints reste normalement souhaitée. Quels rites ou étapes du mariage coutumier ne peuvent pas être accom­ plis lorsque les futurs époux ne sont pas physi­ quement présents ? Lorsque les deux futurs époux sont absents à la cérémonie, ils peuvent être partiellement représentés par des membres des familles, comme un frère, une sœur ou un autre proche. On peut alors effectuer les échanges symboliques, par­ tager le repas et remettre la dot. En revanche, les rites es­ sentiels liés à l’union person­ nelle des conjoints ne peuvent pas être accomplis. Les bé­ nédictions finales nécessitent la présence des deux époux. Les gestes rituels qui confir­ ment publiquement l’union et l’accueil du couple dans la communauté ne peuvent donc pas être réalisés pleinement lorsqu’ils sont absents. Quelles précautions la tra­ dition prévoit-elle pour protéger les familles et...

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