« Répondre à l’ancrage au paradigme Université-Entreprise »

Pr. Dieudonné Emmanuel Pegnyemb, recteur de l’Université de Bertoua.

Comment l’Université de Ber­ toua intègre-t-elle la profession­ nalisation dans ses programmes d’enseignement ? Notre institution a eu l’avantage de commencer directement avec cette professionnalisation comme leitmo­ tiv, puisqu’étant l’une des dernières nées des Universités camerounaises. Dès l’année académique 2022-2023 qui était sa première année d’exis­ tence, l’Université de Bertoua a orga­ nisé des séances de réflexion en équipes, en vue de l’élaboration dans chaque domaine d’étude dans notre institution, des programmes d’ensei­ gnement. Le maître-mot de ces tra­ vaux était la professionnalisation. Il était question de n’ouvrir que les fi­ lières répondant aux besoins du monde socioprofessionnel. Les équipes mises sur pied ont travaillé d’arrache-pied pour parvenir à des of­ fres de formation innovantes et pro­ fessionnelles pour chacune des qua­ tre Facultés et des quatre grandes écoles de notre institution. D’autre part, plusieurs de ces enseignements requièrent l’intervention de profes­ sionnels en activité sur le terrain, conformément au processus de pro­ fessionnalisation édicté par Monsieur le ministre d’Etat, ministre de l’Ensei­ gnement supérieur. De plus, l’Université de Bertoua a la particularité d’être dans une région très riche et dotée d’un immense po­ tentiel. Par conséquent, notre institu­ tion offre des formations axées sur les principaux leviers de développe­ ment de la région au rang desquels, l’agriculture avec l’Institut supérieur d’Agriculture, du Bois, de l’Eau et de l’Environnement à Belabo ; les mines avec l’École supérieure de Transfor­ mation des Mines et des Ressources Energétiques à Batouri ; le tourisme avec l’École supérieure des Sciences de l’Urbanisme et du Tourisme à Abong-Mbang. Il convient aussi de mentionner l’École normale supé­ rieure de Bertoua qui s’est arrimée avec bonheur au train de la formation polyvalente et qui se particularise avec un département en Techniques de Langage spécialisé pour une for­ mation des formateurs dans une Édu­ cation beaucoup plus inclusive. Enfin, la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion, la Faculté des Sciences, la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines et la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques ont de façon quasi égalitaire un volet classique et un volet professionnel. C’est l’occasion pour moi d’appeler toute la communauté universitaire nationale et internationale, à visiter la plateforme orientuniv.com, pour dé­ couvrir l’ensemble des filières et des formations disponibles à l’Université de Bertoua. Quelles sont les innovations de cette année académique ? À ce propos, il faut signaler que les grandes écoles étant par essence déjà professionnelles dans leur programme de formation, l’Université de Bertoua s’est toutefois enrichie cette année académique de nouvelles offres de formations innovantes profession­ nelles et inédites notamment, dans les différentes facultés. À titre d’exemples, nous avons une licence et un Master professionnels en Geoparcs et Patrimoine ou encore en Sciences et Techniques des Activités Phy­ siques et Sportives (Staps) qui débute cette année en Faculté des Sciences ; et surtout le lancement d’un Master académique dans la filière Observa­ tion, Astronomie et Astrophysique (O2A) avec le concours d’experts in­ ternationaux comme ceux de l’Univer­ sité de Sacramento aux Etats-Unis. La Faculté des Arts, Lettres et Sciences humaines (FALSH) quant à elle, lance cette année une licence et un Master professionnels en Travail social en partenariat avec l’Unicef, à côté d’une autre formation professionnelle en Sciences sociales pour le Développe­ ment, sans oublier sa formation unique en licence académique tri­ lingue permettant de devenir un pro­ fessionnel polyvalent et compétitif à l’international. La Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP) va offrir, sans être exhaustif et juste à titre d’exemple, des formations diplômantes en capacité en droit et économie, en stratégie, défense, sé­ curité, gestion des comptes et catas­ trophes, en droit minier et des res­ sources naturelles, en droit de l’environnement, du développement durable et des énergies renouvela­ bles. Les formations certifiantes dans cette faculté concernent 17 axes comme la Gouvernance sécuritaire des espaces transfrontaliers ou l’Intel­ lectual Property. La Faculté des Sciences économiques et de gestion (FSEG) propose pour cette année des parcours professionnels en Gestion lo­ gistique et transport, en Management des établissements médico-sanitaires et en Business Data Analytics. L’innovation majeure de cette année académique 2026-2027 est la créa­ tion du Consortium de formation pro­ fessionnelle ENS-Facultés, destiné à concevoir et mettre en œuvre des for­ mations professionnelles innovantes et porteuses. Les formations profes­ sionnelles dudit Consortium pour cette nouvelle année académique sont les suivantes : licence profes­ sionnelle en Sciences de l’éducation, option Techniques de langages spé­ cialisés ; licence professionnelle en Sciences de l’éducation, option Ingé­ nierie didactique et pédagogique ; li­ cence professionnelle en Orthopho­ nie ; master professionnel en Sciences de l’éducation, option Tech­ niques de langages spécialisés ; mas­ ter professionnel en Sciences de l’éducation, option Ingénierie didac­ tique et pédagogique ; master profes­ sionnel en orthophonie ; licence et master professionnel en Ingénierie des activités physiques et sportives, Intervention sociale et développe­ ment communautaire ; licence et mas­ ter professionnel en Didactique des sciences, Médiation scientifique et développement communautaire. Ces formations implémentées par le Consortium formé par l’École normale supérieure, la Faculté des Sciences et la Faculté des Arts, Lettres et Sciences humaines qui débutent dès la rentrée académique 2026-2027, visent à répondre à la forte demande du marché de l’emploi et à l’ancrage au paradigme Université-Entreprise. Quel bilan faites-vous de la mise en œuvre des incubateurs et des pépinières d’entreprise à l’Université de Bertoua ? Nous avons choisi l’option d’y aller progressivement en fonction des moyens disponibles et surtout dans le but de faire de nos apprenants de vrais créateurs de richesses. A cet ef­ fet, permettez-moi de vous rappeler que le Conseil de l’Université en sa session du 10 janvier 2025 avait fé­ licité les directeurs de l’Institut des Sciences agricoles, du Bois, de l’Eau et de l’Environnement et de l’École Su­ périeure de transformation des Mines et des Ressources énergétiques, ainsi que le doyen de la Faculté des Sciences, pour les dispositions prises pour la mise en place effective des in­ cubateurs et pépinières d’entreprises au sein de leurs établissements res­ pectifs et avait par ailleurs recom­ mandé l’opérationnalisation de ces in­ cubateurs et pépinières d’entreprises et la sensibilisation des autres Éta­ blissements à l’effet du montage des projets similaires. À date, tous les éta­ blissements de l’Université de Ber­ toua ont au moins un incubateur d’en­ treprise et le bilan est plus que positif, puisque l’Université de Bertoua dis­ pose déjà de trois entreprises légales et fonctionnelles : Koum’s Industry Development (KID), Mbonna Industry Equipment (MBA) et la Cameroon Mi­ ning and Energy Company Sarl (Ca­...

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