« Nous devons définir les réformes selon les priorités de notre environnement »

Jean Luc Mastaki, Directeur du Bureau sous régional de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique centrale.

Monsieur le Directeur, que retenir de cette 42e session du Comité intergouvernemental des hauts fonctionnaires et d’experts d’Afrique centrale ? Cette session nous aura permis de mettre le doigt sur la plaie, pour dire que les réformes souvent extraverties, définies par les instances extérieures à la sous-région, des grands acteurs qui viennent avec des fiches dans la sous-région et nous adhérons, devront être alignées au contexte local. C’est- à-dire définir les réformes selon les priorités de notre environnement et non des réformes qui sont tirées par un modèle venu de l’extérieur. Cela permettrait qu’on identifie le besoin ensemble avec les différentes parties prenantes et ce sera facile de les mettre en œuvre. Deuxième élément c’est concevoir les mécanismes et les renforcer pour les secteurs public et privé se parlent. Mais au-delà du dia­ logue public-privé il a été souligné la nécessité de promouvoir le dialogue public-public pour une harmonisation des interventions entre les différents ministères qui doivent aligner leurs interventions et harmoniser leurs po­ sitions afin de faire avancer la question de réformes. Pour nous, une autre ré­ solution avec laquelle nous partons de cette session c’est l’engagement de nos Etats à pouvoir définir les mé­ canismes idoines de financement des institutions qui portent les réformes de façon durable. Qu’est-ce qui va concrètement être fait ? Il y a beaucoup de réformes auxquelles nos Etats ont souscrit mais qui ne sont pas mises en œuvre. La première chose à faire, c’est renforcer les mé­ canismes de suivi-évaluation de la mise en œuvre des réformes. Vous avez entendu toutes les discussions sur l’observatoire du climat des affaires dans la zone Cemac et qui a besoin d’être revigoré. Les capacités doivent être renforcées et l’engagement de la CEA et ses partenaires, c’est de pouvoir accompagner cet observatoire afin qu’il joue le rôle de suivi des me­ sures que nos Etats ont adoptées qui doivent être mises en œuvre. Deuxième élément, c’est renforcer le dialogue public-privé, non seulement lorsque les pays ont adhéré aux ré­ formes mais déjà dans la conception des réformes. Aller avec le secteur privé de bout en bout afin qu’il soit un acteur majeur et actif pour pouvoir mettre en œuvre les réformes, parce que le dialogue tel qu’il existe souvent, n’est pas très effectif dans l’harmo­ nisation du secteur privé par rapport à la mise en œuvre des différentes réformes qui ont été proposées. Et enfin de compte, chaque pays a des instances qui sont chargées de la pro­ motion des investissements. Entre autres recommandations, il y a le ren­ forcement du networking entre ces agences af...

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