« Le phénomène exige des efforts encore plus soutenus »
- Par Alexandra TCHUILEU N.
- 05 Jun 2026 06:48
- Likes
Pauline Irène Nguéné, ministre des Affaires sociales.
Madame le ministre, la chronique des faits sociaux au Cameroun est tristement riche d’affaires d’atteinte à la pudeur et à l'innocence des enfants à travers de nombreux actes barbares. Quel est votre sentiment face à cette situation ? Je ressens avant tout une profonde indignation et une vive préoccupation face aux violences qui continuent d’être perpétrées contre les enfants. Chaque atteinte à leur intégrité physique, morale ou psychologique constitue une grave violation de leurs droits fondamentaux. Ces actes sont d’autant plus révoltants qu’ils visent des êtres particulièrement vulnérables qui devraient bénéficier de la protection de leur famille, de leur communauté et de l'ensemble de la société. A l’observation, ce phénomène malheureux se répète, se banalise, tant il fait partie du quotidien du Cameroun et est ardemment relayée par les médias sociaux. Y a-t-il des raisons de penser que l’Etat a baissé les bras ? Non, il n’y a aucune raison de penser que l’État a baissé les bras. La protection de l’enfant demeure une priorité des pouvoirs publics, qui poursuivent leurs actions de prévention, de sensibilisation, de protection et de répression des auteurs de violences. L’impression d’une recrudescence peut s’expliquer en partie par la médiatisation croissante des cas et par le rôle des réseaux sociaux, qui rendent aujourd’hui plus visibles des situations autrefois peu signalées ou peu connues du grand public. Pour autant, nous reconnaissons que le phénomène reste préoccupant et qu’il exige des efforts encore plus soutenus de la part de tous les acteurs concernés. La protection de l’enfant ne relève pas uniquement de l’État. Elle nécessite également l’engagement des familles, des communautés, des établissements scolaires, des leaders religieux et de chaque citoyen. Qu’est-ce qui peut être fait aujourd’hui pour durcir le ton face aux prédateurs et aux pédo-criminels ? Les violences sexuelles commises contre les enfants sont déjà sévèrement sanctionnées par la loi. Le défi aujourd’hui est de garantir une application rigoureuse de ces dispositions afin qu’aucun auteur ne puisse échapper à la justice. Pour renforcer l’effet dissuasif, il est essentiel d’encourager la dénonciation des faits, de protéger les victimes et de favoriser une meilleure coordination entre les services sociaux, les forces de sécurité et les autorités judiciaires. La lutte contre les prédateurs sexuels passe également par une vigilance accrue dans les familles, les écoles, les lieux de culte et tous les espaces fréquentés par les enfants, ainsi que par une sensibilisation continue des populations. Envisagez-vous un renforcement des mécanismes existants pour décourager définitivement ceux qui portent atteinte à la pudeur et à l’innocence des enfants ? Oui, le renforcement des mécanismes de protection de l’enfant demeure une préoccupation constante du gouvernement. Face à la persistance des violences sexuelles et autres atteintes aux droits de l’enfant, il est nécessaire d’améliorer continuellement les dispositifs de prévention, de signalement et de prise en charge. L’une des priorités est de renforcer la vigilance au sein des familles, des établissements scolaires, des lieux de cult...
Cet article complet est réservé aux abonnés
Déjà abonné ? Identifiez-vous >
Accédez en illimité à Cameroon Tribune Digital à partir de 26250 FCFA
Je M'abonne1 minute suffit pour vous abonner à Cameroon Tribune Digital !
- Votre numéro spécial cameroon-tribune en version numérique
- Des encarts
- Des appels d'offres exclusives
- D'avant-première (accès 24h avant la publication)
- Des éditions consultables sur tous supports (smartphone, tablettes, PC)



Commentaires