Obstacles: Les raisons de la réticence

Beaucoup de Camerounais refusent d’offrir leur sang aux hôpitaux par peur, du fait des pesanteurs religieuses ou culturelles.

Bien que les besoins des hôpitaux soient critiques, la réticence au don de sang persiste dans la société. Jeunes et moins jeunes sont désintéressés malgré les multiples campagnes de sensibilisation organisées çà et là. La peur, le manque d’information, les moeurs, la culture ou la religion, font partie des facteurs qui éloignent de plus en plus des donneurs des sites de collectes. Jovic Ntolo, étudiant en droit à l’Université de Yaoundé II-Soa, avoue n’avoir jamais adhéré à l’opération. Par peur de se découvrir positif à une maladie quelconque, le jeune homme dit ne pas être prêt. « Le collecte de sang implique un test technique dit immun enzymatique qui permet de détecter les infections comme le VIH, les hépatites, la syphilis et autres. J’ai peur de m’engager et découvrir que je suis atteint de l’une de ces maladies même si je ne me reproche de rien. J’avoue que je préfère ne rien savoir tant que je suis en bonne santé », explique l’étudiant. Le refus du don de sang lié aux croyances culturelles ou religieuses est aussi une réalité bien présente dans notre société. Les Témoins de Jéhovah, une communauté chrétienne bien établie au Cameroun, comptant des milliers de fidèles, sont la principale religion qui interdit strictement à ses membres de recevoir des transfusions sanguines, mais également de donner leur propre sang ou de le mettre en réserve. « Le sang est un symbole sacré de la vie. Nous appliquons les prescriptions bibliques. Dans la Genèse ou les Actes des Apôtres, il nous a été commandé de s’abstenir de sang, ni le consommer, encore moins l’offrir. Pour notre communauté, prélever du sang pour transfuser chez une personne n’est pas différent de la consommation », explique Elisé Nguema, entrepreneur. Beaucoup d’autres fidèles des églises pentecôtistes s’alignent derrière ces récits, arguant que le sang est sacré, bien que la Bible ne mentionne pas directement le don ou la transfusion sanguine. Les freins culturels, mis en évidence par des études anthropologiques, sont aussi les principales causes de la réticence au don du sang malgré les nombreuses opérations de collecte. Dans les régions septentrionales du Cameroun, le désintérêt est manifeste. « La peur de la sorcellerie, la crainte de la transmission de la malédiction et des péché...

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