Coopération militaire intra-africaine: Le pari gagnant du Cameroun

Face aux crises sécuritaires auxquelles le pays est confronté depuis plusieurs années, les autorités en charge de la Défense ont su mettre à profit cette coopération pour endiguer le mal et préserver l’intangibilité des frontières nationales.

Longtemps qualifié d’îlot de paix dans un monde en proie aux crises socio-sécuritaires, le Cameroun est lui aussi, depuis quelques années, confronté à conflits armés. Notamment, la menace terroriste Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, et l’instabilité frontalière dans la région de l’Est en lien avec la crise en République centrafricaine. A cela s’ajoutent d’autres défis sécuritaires en termes de piraterie maritime, pêche illicite etc., qui caractérisent le golfe de Guinée. Face à tous ces défis, il a fallu apporter des réponses stratégiques efficientes, trouver le pari gagnant. Au plan interne, le gouvernement s’est doté d’un outil de souveraineté et d’anticipation : il s’agit du document de politique et de Stratégie de sécurité nationale. Ce projet, porté et coordonné par le Secrétariat permanent du Conseil de sécurité nationale, vise à doter l'État d'une boussole globale permettant de prévenir et de gérer les menaces intérieures et extérieures, tout en harmonisant les différentes stratégies sectorielles visant à coordonner les réponses institutionnelles et à anticiper les crises. Le gouvernement a aussi opéré un choix stratégique : celui de la coopération militaire intra-africaine. Celle-ci repose sur des solutions endogènes pour faire face aux menaces asymétriques. Elle s'articule autour de trois axes majeurs : la mutualisation des forces pour le maintien de la paix, l'échange de renseignements et la formation conjointe dans les écoles militaires. Face à la secte terroriste Boko Haram, le pays a misé sur un partenariat militaire actif avec le Nigéria et le Tchad. Partenariat qui est implémenté à travers la Force multinationale mixte (FMM) qui a pour mission de neutraliser les groupes terroristes dans le bassin du lac Tchad. Dans le domaine de la sécurisation des frontières, le Cameroun a opté pour une mutualisation du renseignement et l’organisation de patrouilles conjointes avec les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) pour juguler le phénomène de coupeurs de routes et de la criminalité transfrontaliè...

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