« L’APF doit aller au-delà de son rôle consultatif »

Pr. Manassé Aboya Endong, enseignant de science politique, directeur exécutif du Groupe de recherche sur le parlementarisme et la démocratie en Afrique (Grepda).

Les travaux de la 51e session de l’As­ semblée parlementaire de la Franco­ phonie (APF) se sont achevés samedi dernier à Yaoundé. Quelle appréciation en faites-vous ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’état des lieux au lendemain des travaux de la 51e session du parlement de la Francophonie laisse entrevoir deux certi­ tudes. Si l’on considère qu’ils ont été à la fois un succès indiscutable d’organisation et un triomphe diplomatique pour le Ca­ meroun, on peut en tirer ces conclusions. En effet, en réunissant près de 400 parle­ mentaires et délégués institutionnels issus de plus de 100 parlements de l’espace francophone, le Cameroun a réussi le pari de l’organisation. Mieux encore, il a confirmé son rôle de carrefour diplomatique et consolidé son statut de pôle important de rayonnement international. En résumé, les travaux dirigés par l’honorable Hilarion Etong ont confirmé que la 51e session se distinguerait par son excellence organi­ sationnelle et l’importance de ses discus­ sions. Ces assises avaient pour ambition de donner à l’APF plus de moyens d’action dans sa lutte contre les dérèglements climatiques, le repli identitaire nuisible au multilatéralisme, ainsi qu’en réaction aux menaces contre la paix mondiale. L’organisation a-t-elle les outils consé­ quents pour adresser ces probléma­ tiques ? Il est extrêmement ardu d’envisager cette perspective, étant donné que l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) ne possède pas de moyens coercitifs ou militaires pour régler ces défis planétaires ou ces crises internationales de manière autonome. Bien que l’APF soit une insti­ tution consultative majeure regroupant près de 100 parlements, elle possède une influence politique et juridique stratégique significative, capable de façonner concrè­ tement l’action des gouvernements. À titre d’exemple, la clôture de sa 51e session plénière à Yaoundé confirme que, si l’APF n’a pas le pouvoir exécutif des États, elle déploie tout de même des leviers d’action bien réels. Comment rendre l’action d’une orga­ nisation telle que ...

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