« Il faut rompre avec la saisonnalité de l’animation politique »
- Par Lucien BODO
- 05 Aug 2026 02:56
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Pr Aristide M. Menguele Menyengue, enseignant de science politique, Université de Douala.
On observe qu’à l’approche des échéances électorales, certains partis politiques invitent les po- pulations à les rejoindre pour devenir des candidats. Comment analysez-vous cette attitude ? Une telle approche de la remobili- sation politique est le continuum dynamique d’une conception sai- sonnière de la vie politique. À l’ana- lyse, cette attitude est révélatrice d’une approche évènementielle de l’animation politique. Cette attitude permet de comprendre pourquoi les partis animés par une ressource hu- maine instable, indécise et capri- cieuse optent pour une approche séquentielle de la (re)mobilisation politique. Ce qui est en cause c’est la qualité de la ressource humaine militante dans la mesure où le re- cours à l’appel à candidature popu- laire est un indicateur probant de l’indécision de l’engagement poli- tique. Une telle attitude contraste avec le militantisme de conviction et, de ce point de vue, elle est l’apa- nage des « catch all parties » ou « partis attrape tout ». Par conséquent, en optant pour l’appel à candidatures populaire, ces formations politiques dévoilent la vulnérabilité, l’instabilité et la fragilité de leur assise populaire. Qu’est-ce qui peut expliquer que certains partis qui ont pour- tant de grandes ambitions élec- torales ne disposent pas suffi- samment de personnel politique qualifié ? Les choix stratégiques d’une forma- tion politique peuvent à terme en faire « un petit parti » au sens de Paul Brennan c’est-à-dire « ceux des partis politiques qui n’ont d’au- cune façon contribuée à la formation d’un gouvernement ». Ce que Annie Laurent et Bruno Villalba appellent « la petitesse en politique » a un lien avec le recrutement du personnel politique, la fréquence de l’animation politique, les projections politiques, les choix stratégiques et le discours de mobilisation politique. Lorsqu’une formation politique construit son assise sociale sur une base commu- nautaire, régionale, départementale et/ou locale, elle a plus de chance de communautariser sa base mili- tante, limitant du même coup ses ambitions. Sous ce rapport, avoir de grandes ambitions ne suffit pas. Il faut aussi (inter)nationaliser les- dites ambitions au lieu d’en faire une affaire ethno communautaire. Les tendances ethnocratiques des formations politiques qui s’inscrivent volens nolens dans le registre des « petits partis » sont des variables explicatives du contraste entre grandes ambitions électorales et non qualification de la ressource hu- maine. À ceci s’ajoute le mode de recrutement de la base militante. L’observation montre que les for- mations politiques qui font de leur base militante une excroissance de l’appartenance ethnique des diri- geants principaux limitent consé- quemment leurs ambitions politiques. Lorsqu’un parti devient une excrois- sance ethnocommunautaire, une ins- tance de reproduction et de dupli- cation identitaire, un dédoublement du cadre d’expression de la solidarité mécanique alors, il restreint du même coup sa capacité de mobilisation. Par conséquent, sa ressource hu- maine devient problématique tant qualitativement que quantitative- ment. Que pourraient faire les partis pour avoir de manière perma- nente la ressource humaine en qualité et en quantité ? Pour qu’un parti politique bénéficie de fa&cced...
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