Peuples autochtones : pour des politiques adaptées
- Par Alliance
- 16 Oct 2026 08:03
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C omment assurer la scolarisation pérenne d’un enfant dont le (semi) nomadisme est le mode de vie ? Comment garantir la sécurité sanitaire de pasteurs nomades, perpétuellement sur les couloirs de transhumance à conduire des troupeaux, de préférence loin des agglomérations (pour éviter notamment des frictions conflictogènes), mais ainsi loin des formations sanitaires, par nature fixes ? Sans la camper de manière entière, ces questions esquissent les contours d’une problématique : la mise en phase de politiques publiques avec les in térêts de populations spécifiques. Qui ne vivent pas comme tout le monde, ne font pas comme tout le monde. En tout cas, pas comme les groupes ma joritaires. Au Cameroun, la Constitution dans son préambule dispose que « l’Etat assure la protection des minorités et préserve les droits des populations autochtones conformément à la loi ». Les pouvoirs publics et ac teurs privés implantent des formations sanitaires et des écoles faites pour des populations sédenta risées, dont la fréquentation de ces lieux participe des habitudes de vie. Les textes prévoient que la pro priété foncière est condi tionnée par la mise en va leur de l’espace, notamment par des constructions ou cultures pérennes. Clairement, les chasseurs- cueilleurs ou les pasteurs nomades, caractérisés par leur mobilité et leur manière de garder la nature sans marque irréversible, sont relativement exclus des tableaux ci-dessus. Les exemples abondent qui montrent combien cette composante de la population camerounaise, du fait de sa spécificité, apparaît peu intégrée. Pour rester sur le terrain du foncier, à de rares exceptions près, les villages pygmées à travers le pays sont tous établis sur le ressort territorial de communautés bantoues. C’est le cas à Djoum, Meyo-Messi, Mintom ou encore Lomié, entre autres. La spécificité de cette population est pourtant de première importance, et l’impératif de sa préservation n’est plus à démontrer. Ce n’est pas l’Organisation des Nations unies qui le démentirait, elle qui relève que les populations autochtones – présentes dans 90 pays sur la planète, dont le Cameroun, donc – protègent 80% de la biodiversité mondiale. Pas question donc de les araser, de les assimiler dans une majorité au sein de laquelle ils perdraient leur identité, actant une forme de disparition. Si l’impératif de préservation est admis, alors des ajus tements s’imposent. D’abord au niveau des politiques publiques, des textes de loi. Avec pour boussole les réalités anthropologiques et sociologiques des groupes humains concernés. De fait, il est temps d’arrêter avec le schéma de l’in tégration bienveillante (mais un rien condescendante), de vouloir « moderniser » Baka, Bakola, Bedzan ou Mbororo, de chercher à les adapter aux modèles de développement urbains et administratifs du reste de la population. Autant chercher à faire entrer un objet carré dans un trou rond. La perte de temps est garantie, pas l’atteinte des objectifs. Il ne s’agit pas de postuler que les populations au tochtones doivent être tenues à l’écart du dévelop pement. Mais de se demander s’il est possible de développer une communauté en la dessouchant de son socle identitaire. L’Etat du Cameroun a certes fait des pas. Outre la disposition constitutionnelle susmentionnée, le pays a voté en faveur de la Déclaration des Nations unies sur les droits des ...
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