6 novembre 1982: Ce jour-là…
- Par Rousseau-Joel
- 06 Nov 2026 08:02
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L’accession au pouvoir de Paul Biya il y a 44 ans, deux jours après la démission surprise du président Ahmadou Ahidjo, a ouvert une ère pleine d’enthousiasme et d’espérance.
L e mois de novembre 1982 a été marqué par deux moments charnières. Dans un court mes sage radiodiffusé, Ahmadou Ahidjo, après presque 25 ans de ma gistère, informe ses compatriotes, au soir du 4 novembre, de sa décision de quitter ses fonctions de président de la République. Une décision qui prendra effet le samedi 6 novembre 1982 à 10 h. Le jour dit, son succes seur constitutionnel, Paul Biya prête donc serment devant les députés et les corps constitués réunis au Palais de l’Assemblée nationale et accède à la magistrature suprême. Une trans mission pacifique du pouvoir saluée en Afrique et dans le reste du monde comme un exemple. Mais, pris de court, les Camerounaises et les Ca merounais, inquiets, attentifs et mé ditatifs, se demandent à quelle sauce ils seront mangés. Des sentiments vite dissipés par le respect des mé canismes constitutionnels mis en place pour assurer la continuité de l’État. Car le président sortant, sans hésiter, a tranché : « J’invite toutes les Camerounaises et tous les Came rounais à accorder, sans réserve, leur confiance et à apporter leur concours à mon successeur constitutionnel M. Paul Biya. Il mérite la confiance de tous, à l’intérieur et à l’extérieur », déclare-t-il. Une désignation qui n’avait rien de surprenant, car Paul Biya, alors Premier ministre de la Répu blique unie du Cameroun depuis juin 1975, endossait déjà le costume du dauphin, en vertu de la loi n°79/02 du 29 juin 1979 faisant du Premier ministre le successeur constitutionnel du président de la République. Les planètes étaient donc alignées. En cette circonstance solennelle et émouvante, sans précédent dans l’his toire de la jeune nation camerounaise, Paul Biya, dans son premier discours de prestation de serment, déclare que « l’heure est à l’hommage avant d’être à l’engagement et à l’expression de la fidélité ». En effet, poursuit-il, « à mon illustre prédécesseur, mieux, à celui dont j’ai eu l’insigne honneur d’être pendant des années le colla borateur, je dois un grand et vibrant hommage, empreint de déférence et d’admiration ». Quoi qu’on dise, ce changement d’homme à la tête de l’État, qui peut paraître banal sous d’autres cieux, ne l’était pas du tout aux yeux des Camerounais parce qu’il marquait à la fois la fin d’une époque et le début d’une nouvelle ère. L’époque qui s’achevait était certes marquée par des acquis et réalisations infrastruc turelles importantes. Cependant, au cours de cette période d’un quart de siècle, le Cameroun, eu égard à ses nombreuses potentialités, avaient encore d’importantes marges de pro gression à réaliser dans différents domaines, dont le moindre n’est pas celui des libertés publiques. Avec, notamment, les fameuses lois d’ex ception, une sorte de chape de plomb qui faisaient planer comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête des citoyens. On comprend donc pour quoi les foules massées dans les rues de Yaoundé et aux abords du Palais de l’Assemblée nationale, le 6 novembre 1982, étaient en liesse, vibrant à l’unisson avec le reste du pays, selon les archives de CT. Le fait le plus important, ce jour-là, écrit un témoin et confrère, Martin Mvondo dans nos colonnes, « ce fut le courant spontanément établi entre ces foules enthousiastes et leur nouveau leader. Paul Biya leur tenait un nouveau lan gage, un langage de cœur, un langage de confiance, un langage où se cris tallisaient leurs espérances ». Au fond, dans son premier discours en tant que chef de l’État, que leur di sait-il en ce jour inoubliable ? Un discours rassurant - Que lui, Paul Biya entend placer son action « dans les années à venir sous le double signe de l’engagement et de la fidélité ». Traduction : il veut s’acquitter du devoir sacr...
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