Cameroon-Tribune

Patrimoine: un héritage à rapatrier

Regions
Rita DIBA | 20-07-2018 12:30

Objectif de la présence des deux experts mandatés par le président français lundi à Douala.

Etudier les conditions de restitution définitive ou temporaire des objets de culte, d’arts et des documents africains encore en France depuis l’époque coloniale. C’est la mission confiée en mars 2018 par Emmanuel Macron, président de la République française, à deux experts, les Pr. Felwine Sarr et Bénédicte Savoy.

Les deux universitaires ont donc entamé une tournée sur le continent (Bénin, Mali, Sénégal et maintenant Cameroun) afin d’échanger directement sur le terrain avec divers interlocuteurs car, comme l’explique Bénédicte Savoy, « du point de vue occidental, il y a beaucoup de fausses idées sur la manière dont différents pays africains sont capables ou non de gérer leur propre patrimoine. »

Et leur arrêt à la fondation AfricAvenir International lundi dernier à Bonabéri, Douala, faisait justement partie de ces échanges. En présence du prince Kum’a Ndumbe III, président du Comité international de Dialogue pour le retour des objets de culte et d’arts, des manuscrits et documents africains, par ailleurs fondateur d’AfricAvenir.

Sur place, ils ont pu discuter avec l’autorité administrative, des chefs traditionnels venus non seulement du Littoral, mais aussi de l’Ouest, du Nordouest et du Sud-ouest. Des discussions qui ont notamment porté sur plusieurs interrogations.

Par exemple, comment restituer ces oeuvres alors qu’il n’y a pas de lieu convenable pour les accueillir, à qui restituer ces oeuvres, etc. Sur la dernière interrogation, le Pr Savoy a rappelé : « Il faudra que la demande vienne des pays africains. »

Elle a notamment présenté à l’assistance deux catalogues d’une épaisseur importante recensant près de 15 000 pièces issues du Cameroun. Catalogues du musée du Quai Branly à Paris, en France. De son côté, Felwine Sarr a rappelé les enjeux de leur mission :

« La restitution soulève des questions d’ordre historique, politique, juridique, technique, philosophique, symbolique. Et l’une des questions importantes pour nous, c’est comment on va resocialiser les objets lorsqu’ils vont revenir. »

Dans cette resocialisation, le prince Kum’a Ndumbe III évoque un point primordial, celui de la formation des conservateurs et autres acteurs, allant même jusqu’à parler « d’engagements académiques d’Etat à Etat pour protéger ces biens. »

Les discussions, le tandem d’experts les a continuées après AfricAvenir, lors d’un périple à travers le pays depuis le 17 juillet dernier. Notamment à Foumban où on trouve le palais du sultan Bamoun, Dschang qui abrite le musée des civilisations, Yaoundé où est implanté le musée national.

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