La vision d’un homme

Editorial
Marie-Claire NNANA | 24-01-2017 16:36

Voilà un décret qui arrive telle une éclaircie dans un ciel nuageux. Blocage du dialogue entre le gouvernement et les syndicats enseignants dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, actes de violences à l’encontre des lycéens dans l’enceinte des établissements scolaires, maintien partiel ou total de la fermeture des écoles, arrestation des leaders syndicaux. Dans cette ambiance glauque, une institution porteuse de bien des espoirs de paix est née hier de la volonté du président de la République, comme une réponse forte, originale et prometteuse à cette crise qui n’en finit pas. Et comme la matérialisation d’une vision.

Elle, c’est la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPBM). Nul doute que la rapidité avec laquelle le chef de l’Etat a mis en place cette instance dont il avait dessiné les contours dans son message à la nation du 31 décembre dernier aura surpris plus d’un. En effet, il avait déclaré « être disposé, à la suite et dans l’esprit des artisans de la Réunification, à créer une structure nationale dont la mission sera de proposer des solutions pour maintenir la paix, consolider l’unité de notre pays et renforcer notre volonté et notre pratique quotidienne du VIVRE-ENSEMBLE ».
Trois semaines plus tard, la Commission est portée sur les fonts  baptismaux avec pour mission de préserver l’héritage bilingue et multiculturel du Cameroun, en faisant remonter à la surface les intolérances, les incohérences qui le fragilisent, ainsi que les frustrations que celles-ci génèrent. Ce faisant, le président de la République, comme un père de famille à l’écoute des siens, amorce la résolution en profondeur d’une crise dont les revendications des enseignants et des avocats ne constituent que la face visible. « Qui cherche la vérité de l’homme doit s’emparer de sa douleur », écrivait Georges Bernanos dans son célèbre roman Sous le Soleil de Satan.
En esquissant comme réponse au malaise dans les régions anglophones la création d’une instance dont les propositions doivent provoquer un bouleversement systémique, Paul Biya admet en filigrane que le vivre-ensemble tel que pratiqué jusqu’alors a pu être une source de souffrance pour certains de nos compatriotes, blessés et outrés de ne pas être reconnus dans leurs différences. Pour ceux-là, qui n’aspirent qu’à vivre dans la quiétude, qui désespèrent de voir leur progéniture privée d’école, ou leur activité commerciale dépérir, pour tous ceux qu’exaspèrent les violences, le vandalisme et la pyromanie dirigés contre l’Etat et les particuliers dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme est une avancée significative, parce qu’elle prépare des jours meilleurs.
En revanche, pour ceux de nos compatriotes d’ici et d’ailleurs qui rêvent de voir instaurer la fédération voire la sécession sous la menace des grèves et de la division, l’avènement de cette Commission inédite, véritable chien de garde de l’identité bilingue et de la diversité, destinée à consolider l’unité et la cohésion nationales, et à jouer au besoin un rôle de médiation, est un signal d’échec. On peut s’attendre à ce qu’ils la vilipendent ou la vouent aux gémonies. C’est de bonne guerre.
Assurément, la célérité qui a caractérisé la mise en place de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme est l’illustration de l’intérêt tout particulier porté par le premier Camerounais aux tensions politico-sociales dans les régions anglophones, mais aussi du choix constant d’un homme d’Etat : le respect des engagements et de la parole donnée.
Mais force est de convenir que cette manière d’être va bien au-delà du parti pris d’inscrire ses promesses dans des actions concrètes. Il s’agit bien plus de la constance de l’homme d’Etat, qui déroule sa vision du Cameroun sous nos yeux, sans pression aucune et sans contrainte, mû par la conviction de travailler à l’unité et au bien du pays reçu en héritage. En revisitant certains de ses messages forts aux Camerounais, l’observateur ne peut que constater que l’idée de défendre notre patrimoine culturel et linguistique est une véritable obsession pour Paul Biya et parcourt ses écrits comme un fil d’Ariane.
Ainsi, lors de son message à la nation à l’occasion du lancement, le 17 mai 2010, de la célébration des Cinquantenaires de l’Indépendance et de la Réunification, il invitait les Camerounais à garder jalousement ce qui appartient à leur génie propre : la culture, les langues nationales mais aussi celles qui sont devenues les leurs. Conserver son patrimoine, affirmait-il, c’est aussi conserver son identité.
Quatre ans plus tard, à Buea, lors de la célébration du cinquantenaire de la Réunification, il mettait les Jeunes en garde contre le piège tendu par certaines forces centrifuges régionales, tribales ou religieuses. Avant de remettre l’emphase sur le pluralisme linguistique et culturel, et la nécessité de le préserver.
Il s’agit donc bien là, à n’en pas douter d’un projet de société, de la vision d’un homme. A l’heure où cette vision va se concrétiser, une fois de plus, sous la forme d’une institution sur laquelle les Camerounais de toutes langues et de toutes cultures fondent légitimement des espoirs, on doit se rappeler que les institutions valent aussi par les hommes qui les dirigent. A cet égard, les Camerounais savent que le président de la République, qui connaît mieux que quiconque les enjeux liés à cette Commission, choisira les hommes et les femmes les plus engagés pour la défense de l’identité camerounaise, ce joyau à préserver à tous les prix.
 

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dialogue entre le gouvernement et les syndicats enseignants dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, actes de violences à l’encontre des lycéens dans l’enceinte des établissements scolaires, maintien partiel ou total de la fermeture des écoles, arrestation des leaders syndicaux. Dans cette ambiance glauque, une institution porteuse de bien des espoirs de paix est née hier de la volonté du président de la République, comme une réponse forte, originale et prometteuse à cette crise qui n’en finit pas. Et comme la matérialisation d’une vision.
Elle, c’est la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPBM). Nul doute que la rapidité avec laquelle le chef de l’Etat a mis en place cette instance dont il avait dessiné les contours dans son message à la nation du 31 décembre dernier aura surpris plus d’un. En effet, il avait déclaré « être disposé, à la suite et dans l’esprit des artisans de la Réunification, à créer une structure nationale dont la mission sera de proposer des solutions pour maintenir la paix, consolider l’unité de notre pays et renforcer notre volonté et notre pratique quotidienne du VIVRE-ENSEMBLE ».
Trois semaines plus tard, la Commission est portée sur les fonts  baptismaux avec pour mission de préserver l’héritage bilingue et multiculturel du Cameroun, en faisant remonter à la surface les intolérances, les incohérences qui le fragilisent, ainsi que les frustrations que celles-ci génèrent. Ce faisant, le président de la République, comme un père de famille à l’écoute des siens, amorce la résolution en profondeur d’une crise dont les revendications des enseignants et des avocats ne constituent que la face visible. « Qui cherche la vérité de l’homme doit s’emparer de sa douleur », écrivait Georges Bernanos dans son célèbre roman Sous le Soleil de Satan.
En esquissant comme réponse au malaise dans les régions anglophones la création d’une instance dont les propositions doivent provoquer un bouleversement systémique, Paul Biya admet en filigrane que le vivre-ensemble tel que pratiqué jusqu’alors a pu être une source de souffrance pour certains de nos compatriotes, blessés et outrés de ne pas être reconnus dans leurs différences. Pour ceux-là, qui n’aspirent qu’à vivre dans la quiétude, qui désespèrent de voir leur progéniture privée d’école, ou leur activité commerciale dépérir, pour tous ceux qu’exaspèrent les violences, le vandalisme et la pyromanie dirigés contre l’Etat et les particuliers dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme est une avancée significative, parce qu’elle prépare des jours meilleurs.
En revanche, pour ceux de nos compatriotes d’ici et d’ailleurs qui rêvent de voir instaurer la fédération voire la sécession sous la menace des grèves et de la division, l’avènement de cette Commission inédite, véritable chien de garde de l’identité bilingue et de la diversité, destinée à consolider l’unité et la cohésion nationales, et à jouer au besoin un rôle de médiation, est un signal d’échec. On peut s’attendre à ce qu’ils la vilipendent ou la vouent aux gémonies. C’est de bonne guerre.
Assurément, la célérité qui a caractérisé la mise en place de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme est l’illustration de l’intérêt tout particulier porté par le premier Camerounais aux tensions politico-sociales dans les régions anglophones, mais aussi du choix constant d’un homme d’Etat : le respect des engagements et de la parole donnée.
Mais force est de convenir que cette manière d’être va bien au-delà du parti pris d’inscrire ses promesses dans des actions concrètes. Il s’agit bien plus de la constance de l’homme d’Etat, qui déroule sa vision du Cameroun sous nos yeux, sans pression aucune et sans contrainte, mû par la conviction de travailler à l’unité et au bien du pays reçu en héritage. En revisitant certains de ses messages forts aux Camerounais, l’observateur ne peut que constater que l’idée de défendre notre patrimoine culturel et linguistique est une véritable obsession pour Paul Biya et parcourt ses écrits comme un fil d’Ariane.
Ainsi, lors de son message à la nation à l’occasion du lancement, le 17 mai 2010, de la célébration des Cinquantenaires de l’Indépendance et de la Réunification, il invitait les Camerounais à garder jalousement ce qui appartient à leur génie propre : la culture, les langues nationales mais aussi celles qui sont devenues les leurs. Conserver son patrimoine, affirmait-il, c’est aussi conserver son identité.
Quatre ans plus tard, à Buea, lors de la célébration du cinquantenaire de la Réunification, il mettait les Jeunes en garde contre le piège tendu par certaines forces centrifuges régionales, tribales ou religieuses. Avant de remettre l’emphase sur le pluralisme linguistique et culturel, et la nécessité de le préserver.
Il s’agit donc bien là, à n’en pas douter d’un projet de société, de la vision d’un homme. A l’heure où cette vision va se concrétiser, une fois de plus, sous la forme d’une institution sur laquelle les Camerounais de toutes langues et de toutes cultures fondent légitimement des espoirs, on doit se rappeler que les institutions valent aussi par les hommes qui les dirigent. A cet égard, les Camerounais savent que le président de la République, qui connaît mieux que quiconque les enjeux liés à cette Commission, choisira les hommes et les femmes les plus engagés pour la défense de l’identité camerounaise, ce joyau à préserver à tous les prix.
 

 

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Voilà un décret qui arrive telle une éclaircie dans un ciel nuageux. Blocage du dialogue entre le gouvernement et les syndicats enseignants dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, actes de violences à l’encontre des lycéens dans l’enceinte des établissements scolaires, maintien partiel ou total de la fermeture des écoles, arrestation des leaders syndicaux. Dans cette ambiance glauque, une institution porteuse de bien des espoirs de paix est née hier de la volonté du président de la République, comme une réponse forte, originale et prometteuse à cette crise qui n’en finit pas. Et comme la matérialisation d’une vision.
Elle, c’est la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPBM). Nul doute que la rapidité avec laquelle le chef de l’Etat a mis en place cette instance dont il avait dessiné les contours dans son message à la nation du 31 décembre dernier aura surpris plus d’un. En effet, il avait déclaré « être disposé, à la suite et dans l’esprit des artisans de la Réunification, à créer une structure nationale dont la mission sera de proposer des solutions pour maintenir la paix, consolider l’unité de notre pays et renforcer notre volonté et notre pratique quotidienne du VIVRE-ENSEMBLE ».
Trois semaines plus tard, la Commission est portée sur les fonts  baptismaux avec pour mission de préserver l’héritage bilingue et multiculturel du Cameroun, en faisant remonter à la surface les intolérances, les incohérences qui le fragilisent, ainsi que les frustrations que celles-ci génèrent. Ce faisant, le président de la République, comme un père de famille à l’écoute des siens, amorce la résolution en profondeur d’une crise dont les revendications des enseignants et des avocats ne constituent que la face visible. « Qui cherche la vérité de l’homme doit s’emparer de sa douleur », écrivait Georges Bernanos dans son célèbre roman Sous le Soleil de Satan.
En esquissant comme réponse au malaise dans les régions anglophones la création d’une instance dont les propositions doivent provoquer un bouleversement systémique, Paul Biya admet en filigrane que le vivre-ensemble tel que pratiqué jusqu’alors a pu être une source de souffrance pour certains de nos compatriotes, blessés et outrés de ne pas être reconnus dans leurs différences. Pour ceux-là, qui n’aspirent qu’à vivre dans la quiétude, qui désespèrent de voir leur progéniture privée d’école, ou leur activité commerciale dépérir, pour tous ceux qu’exaspèrent les violences, le vandalisme et la pyromanie dirigés contre l’Etat et les particuliers dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme est une avancée significative, parce qu’elle prépare des jours meilleurs.
En revanche, pour ceux de nos compatriotes d’ici et d’ailleurs qui rêvent de voir instaurer la fédération voire la sécession sous la menace des grèves et de la division, l’avènement de cette Commission inédite, véritable chien de garde de l’identité bilingue et de la diversité, destinée à consolider l’unité et la cohésion nationales, et à jouer au besoin un rôle de médiation, est un signal d’échec. On peut s’attendre à ce qu’ils la vilipendent ou la vouent aux gémonies. C’est de bonne guerre.
Assurément, la célérité qui a caractérisé la mise en place de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme est l’illustration de l’intérêt tout particulier porté par le premier Camerounais aux tensions politico-sociales dans les régions anglophones, mais aussi du choix constant d’un homme d’Etat : le respect des engagements et de la parole donnée.
Mais force est de convenir que cette manière d’être va bien au-delà du parti pris d’inscrire ses promesses dans des actions concrètes. Il s’agit bien plus de la constance de l’homme d’Etat, qui déroule sa vision du Cameroun sous nos yeux, sans pression aucune et sans contrainte, mû par la conviction de travailler à l’unité et au bien du pays reçu en héritage. En revisitant certains de ses messages forts aux Camerounais, l’observateur ne peut que constater que l’idée de défendre notre patrimoine culturel et linguistique est une véritable obsession pour Paul Biya et parcourt ses écrits comme un fil d’Ariane.
Ainsi, lors de son message à la nation à l’occasion du lancement, le 17 mai 2010, de la célébration des Cinquantenaires de l’Indépendance et de la Réunification, il invitait les Camerounais à garder jalousement ce qui appartient à leur génie propre : la culture, les langues nationales mais aussi celles qui sont devenues les leurs. Conserver son patrimoine, affirmait-il, c’est aussi conserver son identité.
Quatre ans plus tard, à Buea, lors de la célébration du cinquantenaire de la Réunification, il mettait les Jeunes en garde contre le piège tendu par certaines forces centrifuges régionales, tribales ou religieuses. Avant de remettre l’emphase sur le pluralisme linguistique et culturel, et la nécessité de le préserver.
Il s’agit donc bien là, à n’en pas douter d’un projet de société, de la vision d’un homme. A l’heure où cette vision va se concrétiser, une fois de plus, sous la forme d’une institution sur laquelle les Camerounais de toutes langues et de toutes cultures fondent légitimement des espoirs, on doit se rappeler que les institutions valent aussi par les hommes qui les dirigent. A cet égard, les Camerounais savent que le président de la République, qui connaît mieux que quiconque les enjeux liés à cette Commission, choisira les hommes et les femmes les plus engagés pour la défense de l’identité camerounaise, ce joyau à préserver à tous les prix.
 

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