Hommage: Géo W. Masso, l’artiste tranquille

Le chanteur décédé mardi laisse aux membres de sa famille artistique le souvenir d’un homme réservé.

«Est-ce que Géo Masso est mort réellement, parce que j’ai entendu des rumeurs qui n’étaient pas avérées sur les réseaux sociaux. » Cette question est celle d’un artiste, contacté ce 31 octobre 2018 afin de donner son témoignage sur son défunt confrère, décédé la veille, le 30, à l’hôpital de la Garnison militaire de Douala.

Une question suscitée par les fake news qui auront tué Geoffroy William Masso Mpessa, 67 ans, deux jours plus tôt, troublant les derniers instants que la famille aurait bien voulu partager dans la tranquillité avec leur bien-aimé, même s’il était dans le coma.

La tranquillité. C’est un des mots qui caractérisait Géo W. Masso. Lui qui, malgré cinq albums et une carrière musicale lancée au début des années 80, longue de près de 40 ans, marquée de nombreux succès, était resté discret. Une discrétion qui était même présente dans sa voix de chant. Comme un murmure, renforçant le lien avec le public.

Un public qui aura gardé un excellent souvenir du garçon originaire de Bonabéri, dans l’arrondissement de Douala IV. Bonabéri où il est né, a grandi, a fondé une famille, a établi sa base malgré ses séjours plus ou moins longs à l’étranger.

Là-bas à « Bonabèdi », Géo William Masso a vieilli et a laissé son domicile familial où continuent d’affluer des foules venues dire leurs condoléances et soutenir ses treize enfants. Mais revenons à l’amour que le public lui portait. Comment pourrait-il en être autrement, quand on se rappelle son premier 45 Tours, « A Muto », produit par Toto Guillaume en 1981 ? Debalois Fiatchoua, homme de culture, raconte cette arrivée dans l’univers musical : « A l’époque en France, pendant mes années estudiantines, j’étais correspondant d’un grand magazine panafricain qu’on appelait Bingo.

J’avais de la chance ! Et dans les packs de disques qu’on nous envoyait, se trouvait l’album « A Muto », le premier 45T géant de Géo W. Masso. Je me dis que c’est un nom camerounais, j’écoute et ça me fait groover. A l’époque, on était en plein dans la funk. Et il y avait une espèce de groove funk dans sa musique. C’était de la musique camerounaise mais qui pouvait passer partout.

C’est ainsi que j’ai commencé à diffuser et les gens en redemandaient et plus tard au Cameroun, ça a déclenché ce que tout le monde connait aujourd’hui au pays. » « A Muto », un énorme succès que Géo W. Masso enregistre à l’insu de sa femme, après une rencontre avec Toto Guillaume, une oreille « qui savait dénicher ces grands talents-là », explique M. Fiatchoua.

Il continue : « A l’époque, sa femme n’aime pas la vie d’artiste. Elle estime que c’est la vie de voyou. C’est comme ça que quand son oncle Mbella Njoh vient à Paris enregistrer l’album "Palpitations", il en profite pour le faire venir et Géo enregistre "A Muto" et c’est de là qu’est partie sa carrière, avec tous les grands succès que nous connaissons. » Oui, nous les connaissons : « Lolita », « Tondo Nde Mba », « Nen Lambo », etc

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