Conflit au Tigré : une équation complexe

Malgré les pressions et les appels au dialogue lancés par la communauté internationale, forces loyalistes et combattants séparatistes tigréens poursuivent les combats.

Washington est aux avant-postes pour la sortie de crise dans la province séparatiste éthiopienne du Tigré. Les Etats-Unis exercent à la fois pression et diplomatie pour tenter de faire taire les armes et sauver ce qui peut encore l’être. L'administration américaine a ainsi pris des sanctions financières dans les domaines de la sécurité et de l'assistance économique contre l’Ethiopie. Alors que cette dernière est en Afrique le pays qui reçoit le plus d'aide de la part de Washington, avec près d'un milliard de dollars par an, elle a vu cette aide gelée. Les Etats-Unis ont également promis de faire pression sur le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale pour bloquer leurs financements au profit de ce pays. Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken a fait savoir qu’Addis-Abeba n’avait pas pris de mesures significatives pour mettre fin aux hostilités dans la province du Tigré. 


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En réaction, le gouvernement éthiopien a riposté par des mots assez durs à l’égard de l’administration américaine. « Les tentatives américaines de s’ingérer dans les affaires intérieures de l’Éthiopie ne sont pas seulement inappropriées, mais complètement inacceptables », a réagi le ministère éthiopien des Affaires étrangères.   En nommant le 23 avril dernier Jeffrey Feltman comme envoyé spécial pour la Corne de l’Afrique, les Etats-Unis tiennent à démontrer leur engagement dans le cadre de l’action diplomatique internationale pour apporter une solution aux crises politiques, sécuritaires et humanitaires interdépendantes dans cette partie du continent. Avec sa décennie d’expérience en matière de diplomatie multilatérale, de négociation et de médiation en Afrique et au Moyen-Orient, l’émissaire de Washington se dit déterminé à tout mettre en œuvre pour apaiser la situation. 


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Mais, côté africain, la médiation se heurte encore à certains blocages. Certains Etats plaident plutôt pour une concertation régionale plutôt qu’une médiation panafricaine. Depuis que l'Union africaine a dépêché sur place le 25 novembre 2020 l’ancien président mozambicain, Joaquim Chissano, la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf et le Sud-africain Kgalema Motlanthe, aucune avancée jusqu’ici. Les appels au dialogue lancés par le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Union européenne (UE) n’ont toujours pas été suivis d’effet. Au début de la crise, le Premier ministre, Abiy Ahmed avait mis en garde les puissances étrangères contre toute immixtion dans les affaires internes de son pays. « Nous enjoignons respectueusement la communauté internationale à s'abstenir de tout acte malvenu et illicite d'interférence et à respecter les principes fondamentaux de non-intervention contenus dans le droit international », avait-il prévenu.


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