Festival de Cannes 2021 : le choc de « Titane »

Le 17 juillet dernier, la Française Julia Ducournau a remporté la Palme d'or de la 74 e édition.

Petite révolution. Un film trash interdit au moins de 16 ans est couronné à Cannes. Le verdict annoncé le 17 juillet dernier a été une véritable surprise. D'abord pour la réalisatrice elle-même, qui a reconnu au cours de sa prise de parole que son film n'était pas parfait. Mais aussi par la critique, qui depuis sa projection en exclusivité mondiale le 14 juillet dernier est resté mitigé sur son approche. Pas assez suffisant pour décontenancer Spike Lee, le président du jury, qui a avoué n'avoir « jamais rien vu de tel ». Ce sera donc « Titane » pour cette 74e édition du festival de Cannes. Entre éloges dithyrambiques et moues boudeuses, Julia Ducournau savoure son sacre avec parfois des larmes aux yeux. Pendant la conférence presse, elle a fait le film de son parcours sur la Croisette depuis son court métrage « Junior », en passant par son premier long métrage « Grave ». 10 ans plus tard, elle devient la première réalisatrice française à décrocher le Graal de la quinzaine cannoise. La deuxième Palme d’or féminine de l’histoire, 28 ans après Jane Campion avec la leçon de piano. Il faut souligner qu'à son époque Jane Campion était Palme d'or ex-aequo. Julia Ducournau peut à juste titre être considérée comme la première réalisatrice à remporter la Palme d'or… toute seule. Avec un film qui fait une intrusion violente sur des réalités contemporaines, relatives à l'amour, les orgies, le sexe, la famille, le passé, elle fustige les tabous, blesse les a priori, agresse les stéréotypes. Cannes sacre aussi un film très artistique. « Merci de faire entrer les monstres », a déclaré la réalisatrice émue, qui ne voit pas en son sacre l'aboutissement du lobby porté par le collectif 50-50 sur la parité au cinéma.

Ex-aequo

Dans ce palmarès 2021, le jury a eu semble-t-il quelques difficultés à départager les films soumis à son appréciation. Cela expliquerait l'attribution des prix ex-aequo. Notamment pour le Grand Prix et le Prix du jury. Les réalisateurs Asghar Farhadi et Juho Kuosmanen se partagent le Grand Prix par leurs films « Un héros » et « Compartiment N°6 ». Le Prix du jury est décerné simultanément à « Memoria » d'Apichat- pong Weerasethakul et à « Le genou d'Ahed » de Navad Lapid. Autre fait inédit de ce palmarès, c'est la récompense attribuée au film d'ouverture « Annette » de Leo Carax. Cette intrigue familiale sur fond de comédie musicale remporte la palme de la mise en scène.

Et l'Afrique alors?

Malgré ses deux films en compétition officielle, après 40 ans, et les 20 minutes de standing ovation accordées au film « Freda » produit par le béninois Faissol Fahad Gnonlonfin, en sélection à « Un certain regard », l'Afrique at- tendra encore sa Palme d'or. Toutefois, elle continue à décrisper les mentalités en ouvrant un pavillon consacré à son industrie cinématographique. Le Pavillon africain, piloté par la Sénégalaise Aminata Diop est parrainé par l'Union africaine. Peut-être que 2022 sera la bonne? Rendez-vous du 10 au 22 mai 2022 pour la 75e édition.

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category