Affaire Thomas Sankara : le procès est ouvert

L’audience des présumés assassins de l’ancien président burkinabè a démarré hier devant un tribunal militaire à Ouagadougou, en l’absence du principal accusé, Blaise Compaoré, en exil en Côte d’Ivoire.

La Salle des banquets de « Ouaga 2000 », aménagée en tribunal militaire, abrite depuis hier l’audience des présumés assassins de Thomas Sankara. L’ancien président du Burkina Faso avait froidement été abattu par balles le 15 octobre 1987 en compagnie de douze de ses camarades en pleine réunion par un commando. Le procès ouvert hier devant une juridiction d’exception entend faire toute la lumière sur les circonstances de cet assassinat, ses commanditaires et tous ceux ayant contribué à ces événements tragiques. Douze des quatorze accusés étaient présents à l’audience d’hier. Blaise Compaoré, successeur de Thomas Sankara, renversé à son tour le 30 octobre 2014 par une insurrection populaire, était absent. Exilé depuis lors en Côte d’Ivoire où il a acquis une nouvelle nationalité, l’ancien président présenté comme étant le commanditaire de l’élimination de son ancien camarade d’armes, n’a pas effectué le déplacement de Ouagadougou. Comme lui, Hyacinthe Kafando, présenté comme le commandant en chef du commando ayant procédé à l’élimination physique du leader de la Révolution burkinabè, était également absent à l’audience d’ouverture. Les deux accusés seront jugés par contumace. 
Par contre, Mariam Sankara et Paul Sankara, respectivement veuve et frère cadet de l’illustre disparu, était présents dans la Salle des banquets de « Ouaga 2000 ». Les représentants des familles des douze autres disparus ainsi que les autres camarades de lutte de Thomas Sankara prennent également part à ce procès très couru. Plus de 300 personnes ont fait le déplacement. Pour l’ancienne première dame du Burkina Faso, ce procès historique, attendu depuis 34 ans, devra permettre d’étancher la soif de justice des Burkinabè et mettre un terme à l’impunité. « Moi, j’attends que la justice soit rendue en toute transparence. J’attends que les accusés nous disent qui a fait quoi. Je souhaite vraiment que ce procès ait lieu et qu’il serve d’exemple pour qu’on ne tue plus impunément au Burkina Faso et dans d’autres pays. Il faut aussi que, malgré les démocraties de façade, que cela s’arrête définitivement », souligne Mariam Sankara. De leur côté, les avocats de Blaise Compaoré dénoncent « un procès politique » devant un tribunal d’exception. 
 

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