Mali : l’Etat va négocier avec les djihadistes

Le gouvernement de transition vient de mandater le Haut conseil islamique pour qu’il mène les discussions.

Les autorités maliennes de transition ont exprimé à plusieurs reprises leur intention de s’asseoir à la table des négociations avec les djihadistes du groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. Elles viennent de passer à l’étape supérieure en mandatant le Haut conseil islamique (HCI) pour qu’il mène les discussions. Les interlocuteurs djihadistes ont été désignés. Ils sont deux maliens : Iyad Ag Ghaly, chef du groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), lié à Aqmi et Amadou Kouffa qui dirige la Katiba Macina, affiliée au Jnim. L’information a été confirmée par le ministre des Affaires religieuses et du Culte, Mamadou Koné. Il rappelle que cette mission de bons offices « est une demande populaire qu’une écrasante majorité a exprimé avant même la transition ». Le HCI avait déjà négocié sur le terrain avec les combattants de la Katiba Macina, l’accord de cessez-le-feu obtenu en mars dernier dans le cercle de Niono. Accord aujourd’hui rompu. 
Le HCI est présidé par l’imam Chérif Ousmane Madani Haidara, mais les négociations avec les djihadistes ont été confiées à Moufa Haidara. Dans son cahier de charges, il doit parvenir à « un compromis entre Maliens, pour que la guerre cesse » et qu’on arrête de faire couler le sang dans le pays. Le Mali est régulièrement frappé par des attaques terroristes dans le Nord, terrain acquis aux hommes d’Iyad Ag Ghali et dans le Centre où les combattants d’Amadou Kouffa mènent des offensives. 
On se rappelle qu’entre djihadistes et chasseurs dozos dans le cercle de Niono (Centre du Mali), un accord de cessez-le-feu existe depuis 2019 avec l’aval des autorités maliennes. En novembre 2020, quelques mois après leur installation, les autorités maliennes de transition avaient à leur tour organisé un forum à Niono sur la réconciliation intercommunautaire. Mais aucune des initiatives n’avait porté des fruits.
Avec l’aval des autorités étatiques, une mission de réconciliation du HCI avait obtenu un accord de cessez-le-feu d’un mois en mars dernier entre djihadistes affiliés à Katiba Macina et les chasseurs traditionnels dozos. La signature de cet accord avait fait polémique à Bamako.
Au sujet des prochaines négociations, les bases et le calendrier ne sont pas précisés. On sait toutefois que les djihadistes ont toujours exigé le port du voile obligatoire pour les femmes et une justice traditionnelle assurée par les kadis de la Katiba Macina. Mais rien n’indique que ce sera le point de départ des échanges.
 

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