« L’ONU doit revoir sa copie »

Simon Pierre Omgba MBIDA, ministre plénipotentiaire.

La crise de confiance entre la MONUSCO et la RDC a atteint son pic ces derniers jours. A ce niveau, à quoi doit-on s'attendre politiquement et diplomatiquement de part et d'autre ?
La confiance est totalement rompue entre la force onusienne et les populations locales qui demandent son départ immédiat du fait de son inefficacité voire son inertie face au phénomène de l’insécurité qui sévit dans l’Est de la RDC. Le président congolais Félix Tshisekedi, dont on connaît le penchant favorable à la collaboration avec la MONUSCO, était préalablement resté mesure après les incidents. Le chef de l’État semblait s’en tenir au plan de retrait progressif et échelonné de la MONUSCO à l’horizon 2024. Mais avec l'ampleur des manifestations et l'hostilité populaire vis- à-vis de la mission onusienne, le discours des autorités congolaises dans l'ensemble est désormais plus offensif. Du côté de la MONUSCO, on s’en tient jusque-là au plan de transition qui a été convenu en vertu de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies pour un départ définitif en 2024. Ces manifestations de ras-le-bol  doivent inciter l’ONU, à revoir sa copie.  Cette colère est l’expression d’une insatisfaction par rapport aux actions des Casques bleus. Au-delà de la MONUSCO, cela pose le problème du mandat des forces onusiennes de la paix en général dont l’efficacité sur le terrain, est de plus en plus sujette à caution, à l’image de la MINUSMA au Mali, ou encore de la MINUSCA en République centrafricaine, pour ne citer que ces deux cas. Il appartient dès lors à l’ONU de repenser le mandat de ses forces de la paix pour l’adapter aux aspirations des populations locales en y mettant les moyens nécessaires.
Il faut savoir que conformément à la charte de l'ONU les Casques bleus ne sont pas une force offensive ou combattante, contrairement aux forces de l'Union Africaine (UA). Ils ne sont pas là pour faire la guerre mais pour empêcher que celle-ci ait lieu. Les missions des Nations Unies sont déployées sur la base du consentement de l’État hôte, de l'impartialité et du non recours à la force, tout ceci lorsque la situation dans le pays représente une menace pour la paix et la sécurité internationale. 

Après 20 ans de présence des Casques bleus, les rebelles sévissent plus que jamais. Comment ramener la sécurité ?
La mission des Nations unies en RDC, est l'une des plus importantes déployées dans le monde avec 14 000 soldats. La MONUSCO est la troisième opération la plus coûteuse en cours, si on se base sur le budget de cette année 2022, qui est plus d’un milliard.
Malgré tous ces moyens très importants, la MONUSCO n’arrive  pas à apporter des réponses claires vis-à-vis des préoccupations de la population. De son côté, la mission de l’ONU se dédouane en rappelant que son rôle est plutôt d’appuyer les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), qui sont les premiers responsables de la sécurité du pays. Il y'a également lieu de  relever que la MONUSCO a  une autre difficulté : plusieurs pays (non africains) refusent malheureusement que leurs troupes engagées en son sein  prennent part aux combats. La solution immédiate, c'est de modifier le mandat des forces onusiennes ou alors de passer la main à l'UA avec tous les moyens nécessaires qui vont avec les missions de soutien à la paix. 

Une pression populaire exige le départ des Casques bleus de la RDC. Quelles sont les issues possibles?
Le sentiment anti-MONUSCO est assez vif, latent et bien ancré au sein  de la ...

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