« L’accueil dans les hôpitaux s’améliore »

Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique.

Vous organisez dès ce mardi la conférence médicale nationale sur l’optimisation de la qualité des soins et services. La situation est-elle si préoccupante au point de susciter la tenue de ces états généraux ?
Il ne s’agit aucunement d’une situation préoccupante, mais d’une situation normale de notre dispositif. Lorsque vous mettez en marche un certain nombre d’actions, il faut marquer une pause et soumettre ce que vous faites à la discussion globale afin d’en tirer des conclusions et améliorer ce que vous faites déjà. C’est le fonctionnement normal de notre dispositif. On aurait dû organiser cette conférence bien avant. Car cela fait déjà 15 ans qu’on n’a pas organisé de conférence médicale. Pourtant c’était programmé tous les deux ans. Ceci parce qu’il faut marquer une pause tous les deux ans pour évaluer et avancer. Donc nous avons voulu rompre avec cette léthargie afin de remettre les choses sur les rails et chaque fois se mettre en cause pour mieux aborder le futur. Nous voulons améliorer ce que nous faisons et intégrer toutes les innovations que nous avons aujourd’hui en matière de santé afin de mieux transformer le dispositif camerounais.

Quel état des lieux dressez-vous sur l'offre des soins dans nos hôpitaux de nos jours ?
L’état des lieux que nous dressons sera soumis aux conférenciers. Le président de la République, S.E. Paul Biya, a fait énormément pour le secteur de la santé. Ces dernières années par exemple, dans le cadre du Plan d’urgence triennal, il y a eu l’amélioration substantielle et la réhabilitation des hôpitaux généraux de Douala et de Yaoundé, du Centre hospitalier universitaire de Yaoundé, la réhabilitation et le relèvement des plateaux techniques des autres formations sanitaires, les hôpitaux de district et régionaux, entre autres. Sans oublier la construction des centres d’hémodialyse pour la prise en charge spécifique des malades souffrant d’insuffisance rénale. Au regard de tout cela, nous nous rendons compte que le chef de l’Etat a fait d’énormes efforts dans le secteur de la santé. Ce sont donc ces efforts que nous voulons présenter à tout le monde pour se projeter vers l’avenir. Et ensemble, nous allons réfléchir sur ce qu’il faut faire pour mieux optimiser ces plateaux techniques et mieux rentabiliser les efforts faits par le gouvernement dans le secteur de la santé.  

La volonté politique d’humanisation des soins se heurte toujours à la persistance de comportements déviants (mauvais accueil, lenteurs dans la prise en charge, rançonnement des malades, trafics de médicaments...) Quel est le problème d’après vous ?
C’est un problème qu’il faut prendre avec beaucoup de précautions et à plusieurs niveaux. D’abord, pour ce qui est de l’humanisation des soins, il faut reconnaître que nous avons beaucoup avancé. Il y a quelques années, ce n’était pas la même chose. L’accueil aujourd’hui dans nos hôpitaux commence à s’améliorer. Quand les patients arrivent, ils voient qu’ils sont dans une formation sanitaire censée les prendre en charge. Peut-être qu’il faudrait s’améliorer davantage. Nous sommes également confrontés à un problème de culture. Nous devons avoir cette culture de rendre service à l’autre et celle de recevoir le malade avec le sourire, avec les conseils nécessaires, l’accueil. Ainsi que la culture de régler d’abord les urgences vitales avant de demander de l’argent. Sur cette situation, nous devons encore travailler sur nos personnels. Autre chose à ne pas négliger, c’est également du côté des patients. Ce dernier ne doit pas venir en donneur de leçon, mais il doit être dans une disposition d’esprit de se laisser entre les mains du personnel soignant. Avec les efforts que l’Etat est en train de faire pour l’amélioration des conditions de travail et de vie des personnels de santé et même le renforcement de ces ressources humaines, on pourrait avoir un dispositif sanitaire assez robuste. 

Les personnels du corps de la santé sont-ils suffisamment motivés pour être plus humains face aux patients ?
Cette question doit être prise dans les deux sens. Si les personnels du corps de la santé sont-ils suffisamment motivés ? Je dirais, pas assez. Mais faut-il être suffisamment motivé pour être humain ? Je dirai non. On a besoin d’être humain tout court. Pour ce qui est de la motivation, il y a des éléments qui peuvent être pris en compte. Ce que nous appelons les quotes-parts et le projet BBF visent en réalité à motiver le personnel de santé. Il y a des mécanismes mis en place pour fidéliser les personnels dans les zones difficiles. Ces mécanismes sont mis en place de manière à leur apporter une motivation supplémentaire. A cela, s’ajoute la construction des maisons d’astreinte. De même, le président de la République a relevé l’âge de départ à la retraite des personnels de santé. Ce sont des éléments de motivation supplémentaires qui devraient pouvoir leur donner l’information qu’ils sont suivis par la plus haute autorité du Cameroun qu’il faudrait et qu’ils soient plus regardant sur l’être humain, les soins à apporter à nos compatriotes. C’est important que nous restions sur notre volonté d’aider.

A l’hôpital, c’est souvent argent en main, service rendu. Même si la santé a un coût, comment faire en sorte que le paiement ne soit pas une condition sine qua non de la prise en charge, surtout dans les cas d’urgence extrême ?
Nous descendons chaque fois sur le terrain pour voir comment ça se passe. Je peux vous dire que si vous avez une urgence vitale, personne ne vous demandera de l’argent. On va d’abord lever l’urgence avant de demander l’argent. C’est effectivement ce qui se passe sur le terrain. Nous avons renforcé cette démarche. Nous voulons également sensibiliser les patients, parce qu’une fois qu’ils ont trouvé la guérison, certains cherchent à s’enfuir pour ne pas payer les factures. Et d’autres déclarent leur indigence alors qu’ils ont...

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