Agro-industrie : les obstacles à lever

On est peut-être très vite passé sur le récent forum de l’investissement dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage au Cameroun. Pour les observateurs avertis, cette concertation a été une grande première. Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, le ministre de l’Elevage, des Pêches et des industries animales, l’ambassadeur de France au Cameroun, une délégation du Medef et Alfa, le directeur de Porparco et les responsables de nombreuses institutions financières ont convergé pour la circonstance vers le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) le 10 février dernier. Au sein de la maison de l’entreprise, ils ont parlé de l’agriculture sous volet industriel. En fait, ils ont eu une concertation pour réfléchir sur la souveraineté alimentaire au Cameroun.
Le contexte international de l’heure est peut-être pour quelque chose dans ce rapprochement. Le plus important est que les différents participants ont parlé du financement de l’agriculture et même un peu plus : de l’agro-industrie. Face à cet important parterre, le président du Gicam ne manquera pas de s’interroger sur cette attitude qui veut que le moindre éternuement de la Russie et l’Ukraine enrhume le monde entier et occasionne une fièvre qui se manifeste par des hausses inédites des prix des matières premières et des intrants (allant de 30 à 400%). Pour tout dire, il a été question dans ce conclave de trouver le bon sillon afin de produire sans délai ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons. Il est question désormais de former des champions nationaux dans les domaines agricoles, agro-industriels et agro-alimentaires. Le Cameroun entend ainsi par cette nouvelle donne renoncer à une dépendance ruineuse aux importations. Cette extraversion, et nombre d’experts l’ont dit, fragilise l’économie camerounaise.
Afin de se mettre à l’abri d’une éventuelle disette, le gouvernement, à travers le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, a donné des gages que l’agro-business avait désormais de beaux jours devant lui. En clair, le gouvernement sollicite le secteur privé pour booster l’agro-industrie au Cameroun. Le gouvernement est déterminé à soutenir la mise en place des grandes exploitations agricoles en lieu et place des exploitations familiales qui se limitaient jusque-là à faire tourner la marmite. Avec la volonté affichée des investisseurs privés de se lancer dans l’agro-industrie, le gouvernement a tenu à manifester sa bonne foi. C’est ainsi que le cadre institutionnel n’a plus de secret pour les créateurs de richesse.
En effet le patronat a désormais la pleine connaissance des concessions faites par le gouvernement pour faire décoller l’agro-industrie. Il s’agit d’un cadre fiscal alléchant mais surtout de la mise à disposition de terres, obstacle majeur à l’expansion de l’agriculture. Le Forum de Douala a donc été l’occasion pour les pouvoirs publics d’annoncer la mise à disposition d’une réserve foncière de 400 000 hectares. Et ce n’est pas tout. L’encadrement des promoteurs n’est pas le parent pauvre de ce new deal. Les cadres techniques, les experts, et les ingénieurs du Minader et du Minepia seront également mis à contribution pour un bon suivi des différents projets agro-industriels. Toujours pour montrer sa bonne foi au secteur privé, le gouvernement a donné des assurances que la loi de 2013 a été améliorée par les lois de finances de 2021, 2022 et de 2023. On a, en fait, rappelé aux créateurs de richesse que le gouvernement a élargi l’assiette des intrants agricoles et du matériel agricole. Dans l’optique d’inciter les investisseurs privés à miser davantage sur l’agriculture, les unités de transformation ont été défiscalisées.
Cette panoplie de bonnes nouve...

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