Paul Biya, l'histoire d'un coup d'éclat

Le 14 août 2023, les Camerounais de toutes les régions se souvenaient encore, comme si c’était hier, de la signature, quinze ans plus tôt, dans la localité de Calabar au Nigeria, de l’acte portant transfert d’autorité à la République du Cameroun sur la totalité de la presqu’île de Bakassi. Un événement qui se voulait l’aboutissement d’un processus juridico-diplomatique entre deux pays voisins que tout condamnait à vivre en parfaite intelligence. Mais, l’événement du 14 août 2008 se voulait surtout la volonté de deux hommes d’Etat qui avaient ainsi choisi de faire passer avant toute chose, les intérêts respectifs de leurs pays : les présidents Paul Biya du Cameroun et Olusegun Obasanjo de la République fédérale du Nigeria. C’est donc pour magnifier cette volonté commune de paix qui a toujours caractérisé le président de la République, que des hommes de médias ont décidé de lui décerner le 14 août 2023, le Prix du Grand Sage africain. Une distinction qui a été solennellement remise, au cours d’une soirée très courue, à son représentant personnel, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi.
A travers cette reconnaissance, il s’est agi de rendre hommage à un homme d’Etat, en récompensant, comme l’a fort opportunément rappelé le ministre René Emmanuel Sadi, son intelligence politique, sa lucidité, sa sagacité, sa clairvoyance, mais aussi sa pondération. Comment ne pas en effet reconnaître ces qualités dans un environnement africain, si souvent marqué par des conflits entre Etats sur des différends moins importants. Dans le cas Bakassi, le Cameroun en tant qu’Etat, jouait en effet sa crédibilité, avec une partie de son territoire qui était en train de lui être enlevée. Beaucoup, et même dans l’entourage proche du chef de l’Etat, y voyaient une solution militaire. Mais au final, que gagnaient alors le Cameroun et le Nigeria dans un conflit à l’issue incertaine et qui ne garantissait pas une paix durable entre deux pays liés, non seulement pas la géographie, parce que partageant une frontière de près de 2 000 km, mais aussi par l’histoire ? A ceux qui avançaient le droit de la force comme argument, Paul Biya a opposé la force du droit, dans un règlement qui a ainsi permis à chacun des deux Etats de sortir la tête haute de cet imbroglio.
Aujourd’hui, le règlement pacifique du différend frontal...

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