Disparitions d’enfants : péril en la demeure !

La société camerounaise fait ménage, depuis peu, avec un nouveau phénomène : les disparitions d’enfants. Non, vous ne rêvez pas. Les enfants s’en vont, sans laisser de traces. Les familles, de plus en plus, sont sans nouvelles de leur progéniture. Et ça commence à durer. La presse s’amuse même déjà à faire le décompte. Le résultat de ce suivi est chaque jour macabre. Par voie de presse ou via les réseaux sociaux, une famille lance l’alerte, envoie un SOS, le tout appuyé par une illustration et des émoticônes qui cachent mal la douleur de l’infortunée mère. Fait curieux, on tend même déjà à la banalisation de cette menace. Le même message fait souvent le tour des fora, propageant, pince-sans-rire, la peur et la stupeur. Quelques rares fois, on apprend que l’enfant a été retrouvé (e). Sinon dans la plupart des cas, on reste sans nouvelles de l’enfant et on attend la prochaine alerte. 
Seulement, face à la persistance du phénomène, les Camerounais commencent à montrer quelques signes d’agacement. En fait, personne ne sait avec exactitude qui fait disparaître des enfants, des êtres a priori, sans histoires, si ce n’est jouer et revendiquer sa ration quotidienne au généreux papa ou une babiole à maman qui rentre du marché, le panier de la ménagère souvent bien garni. Qui en veut donc aux enfants au point où chaque parent vit désormais la peur au ventre lorsque son chérubin tarde à regagner le cocon familial ? En l’état actuel des choses, on n’a vraiment pas encore de réponse à cette lancinante question. La raison de cet hébètement collectif est simple. Le Cameroun n’est pas un pays qui brille par la maltraitance des enfants. Par ailleurs, les us et coutumes du pays font de l’enfant ou des enfants, un objet de fierté commune de la naissance à la majorité. Les « voir-bébé », les baptêmes, les premières communions, les succès à l’école sont autant d’occasions qui permettent de se réjouir dans notre pays autour des enfants.
Apprendre, de manière inattendue et par l’entremise des médias, que les enfants disparaissent intrigue. Bien plus, le phénomène laisse dangereusement prospérer toutes sortes de conjectures. On entend depuis lors, des vertes et des pas mûres. Comme c’est souvent le cas en pareille circonstance, une partie de l’opinion, cachée derrière les claviers des ordinateurs et des smartphones, a son coupable désigné : les crimes rituels. D’autres personnes pensent que ce phénomène trahit en fait les failles d’une parenté responsable. L’enfant pouvant être enlevé au sortir de l’école par un parent décidé à donner des insomnies au partenaire devenu rebelle ou indésirable. Dans certains cas de figure, la chronique des fais divers renseigne que certains enfants adolescents sont happés par des prédateurs sexuels. Ceux-ci, profitant de l’innocence des jeunots, les attirent dans un guet-apens d’où les enfants ne ressortent que marqués au fer rouge, pour ceux qui s’en tirent vivants. La perspective de savoir son fils ou sa fille entre les mains des prédateurs ou touristes sexuels inquiète sérieusement les parents en détresse. Surtout lorsqu’une fois l’enfant retrouvé, on ne dit plus rien à l’entourage.
Quels que soient les mobiles de cette déviance, il ne faut pas perdre de vue que les enfants constituent notre avenir. Comme il est communément relevé dans le discours des politiques, il s’agit là « du Cameroun de demain ». Enlever un enfant à des fins inavouées ne brise pas seulement une vie, mais un tel acte prive le Cameroun d’une élite de demain.  L’enfant est le père de l’homme, a-t-on coutume de dire. Lui ôter son enfance par cynisme ou par égoïsme ne saurait trouver grâce aux yeux d’une opinion publique avide de justice. Face à ce drame, ...

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