Croissance à l’Est : les promesses de l’énergie

Alors que plusieurs villes du traditionnel Réseau interconnecté sud (RIS) font face depuis quelques mois à une fourniture intermittente du courant électrique, la région de l’Est vient quant à elle d’entrer dans une ère nouvelle marquée par la fin du déficit énergétique. Un événement historique qui améliore et change radicalement le quotidien des populations et des opérateurs économiques, bénéficiaires d’une offre d’électricité accrue, après l’entrée en production définitive, le 02 janvier 2024, de l’usine de pied de l’aménagement hydroélectrique de Lom-Pangar. En plus de Bertoua, des localités telles que Abong-Mbang, Belabo, Minta, Batouri, etc. sont désormais bien alimentées par une énergie décarbonisée, stable et produite à moindre coût. Finie donc l’époque difficile du rationnement et des désagréments qui s’en suivaient. Même après l’intégration de la région de l’Est au RIS en novembre 2022, on sait que l’énergie envoyée à partir du poste de Mampang par Abong-Mbang jusqu’à Bertoua était extrêmement instable avec énormément de coupures et de chutes de tension dues à l’instabilité de la ligne 30 KV entre Abong-Mbang et Bertoua, ainsi qu’aux chutes de poteaux en bois. Cette instabilité relève aussi du passé car, l’usine de pied de Lom-Pangar met déjà à disposition une énergie abondante plus stable qui garantit aux populations et aux opérateurs économiques de l’Est une meilleure disponibilité du courant électrique.
 Et ce n’est pas tout. Non seulement Lom-Pangar envoie de l’énergie sur le RIS qu’il fluidifie, mais en plus, Electricity Development Corporation (EDC) travaille en ce moment, grâce à un financement de la Banque mondiale, sur le « solaire flottant », c’est-à-dire, le couplage de l’hydroélectricité à partir de l’usine de pied et le solaire grâce à des panneaux à installer dans la retenue de Lom-Pangar. Toutes choses qui permettront de doper davantage l’offre afin de pouvoir satisfaire les zones de Bétaré-Oya qui ne pourront pas être couvertes par l’usine de Lom-Pangar.                                                                                                                                                                                           En attendant cette autre évolution heureuse, la centrale de Lom-Pangar, avec ses trois groupes déjà opérationnels, couvre la totalité de la demande de la région de l’Est qui est actuellement de l’ordre de 14 mégawatts (MW) en base et qui peut atteindre 18 MW en période de pointe. Une demande qui est pour le moment, selon toutes les hypothèses, inférieure à la capacité de production de l’usine de pied qui est de 30 MW. C’est dire que même dans un horizon plus ou moins proche, il n’y aurait pas de soucis à se faire. En tout cas, le directeur général d’EDC, Théodore Nsangou, s’est voulu à ce sujet rassurant en affirmant que « quand nous faisons une projection sur l’évolution de la demande, on est conscient de ce que, dans les cinq années à venir, cette usine offrira sa pleine capacité et sera suffisante pour couvrir l’ensemble de la région, tant les ménages que les unités de production ». 
En tout état de cause, 2024 a très bien commencé dans la région du Soleil levant et son avenir s’annonce radieux du fait des perspectives prometteuses qu’ouvre cette offre améliorée d’électricité. D’autant plus que le projet Lom-Pangar qui intègre l’électrification de 150 villages avance à grands pas. D’ailleurs, les poteaux métalliques sont en cours d’implantation notamment sur la ligne de Messamena à partir d’Abong-Mbang. Les appareils tels que les transformateurs et les disjoncteurs sont déjà livrés suivant le calendrier de mise en réseau de ces villages. Plusieurs axes sont visés : Abong-Mbang-Messamena, Abong-Mbang-Lomié, Bertoua-Ouami aux alentours du barrage afin d’alimenter également les populations riveraines, etc. « On pense que les premiers pourraient être électrifiés à partir de mars-avril pour tout solder vers septembre-octobre », a récemment révélé Théodore Nsangou. Pour y parvenir, plus de 438 km de lignes moyenne tension et 206 km de lignes basse tension seront construites pour permettre à plus de 10 000 ménages d’avoir accès à l’électricité dans cette région. Et le meilleur est à venir, avec également l’arrivée dans cette partie du pays du Projet de renforcement et d’extension des réseaux électriques de transport et de distribution. Destiné aux ménages à faibles revenus, ce projet a pour particularité d’opérer des branchements gratuits avec des compteurs gratuits. Par conséquent, les populations bénéficiaires n’auront rien à dépenser pour jouir de ces installations. Ainsi, lorsqu’un villageois aura déjà son compteur, il ne paiera que ce qu’on appelle l’« avance sur consommation », en fonction du niveau de sa bourse. Cette initiative sera étendue à l’Est grâce à une assistance de la Banque de développement ...

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