Normes de construction : péril en la demeure

Le paysage urbain baigne dans une mue certaine et enviable dans notre pays. En toute honnêteté, nos villes commencent à ressembler à ce que nous voyions sur les cartes postales il y a quelques années. Chaque agglomération a d’ailleurs son quartier chic, avec des noms apparentés à ce qui sort de l’autre côté de l’océan atlantique. Sans prétention à l’auto-glorification, l’immobilier connaît un boom dans notre pays. Des villas décentes sortent de terre à la vitesse du son. Des quartiers entiers prennent de l’envergure avec leur concentré d’immeubles bâtis R +… A certains endroits, on est fier de dire adieu à l’habitat spontané. Disons-le sans détour, le BTP se porte bien. Reste que dans cet emballement de l’immobilier, tout n’est pas toujours correct. Comme dans tout secteur, le bon grain est étouffé par l’ivraie. La propension, de plus de plus forte et certes légitime, à fuir la pression du bailleur ne fait pas que des heureux. Dans cette course effrénée vers la propriété individuelle, vers son logement, tout ne va pas toujours pour tout le monde comme sur du papier à musique. La symphonie est parfois inachevée, la cacophonie vient même brouiller certaines gammes. Les Camerounais cherchent à construire. Mais est-ce que tout le monde a pour autant la capacité de bien construire ? Le sujet autant qu’il embarrasse, suscite et mérite réflexion. Oui, il y a de l’eau dans le gaz dans le secteur de la construction dans nos principales villes. Tout se passe comme si on inventait le fil à couper du beurre. Que non ! La construction à ses normes. Et elles ne doivent pas être respectées au faciès. Toute complaisance dans ce secteur conduit au malheur. Et depuis un certain temps, on observe que chaque année a son lot d’immeubles qui s’effondrent avec des pertes en vies humaines, des blessés et des pertes matérielles énormes. Si Douala et Yaoundé, du fait de leur envergure, bénéficient souvent de la contre publicité née à la suite de ces effondrements, force est de constater que le non-respect des normes de construction s’étend à tout le pays. La précarité des ménages n’explique pas toujours tout. Il y a aussi la cupidité de la plupart des intervenants de la chaîne. Un monsieur X acquiert une parcelle à problèmes, déjà vendues à deux acquéreurs. Le vendeur, escroc foncier devant l’éternel, pour « l’aider » lui dit : mon frère, il ne faut pas dormir. Deux jours après, et de nuit, on implante sa case et les voisins se retrouvent avec une nouvelle bâtisse. Tout le monde a vu les rotations de camions chargés d’agrégats et de fer à béton mais personne ne veut prendre sur lui les conséquences d’une dénonciation qui pourrait lui attirer les foudres des protecteurs du vendeur. En ce qui concerne la construction des bâtiments à usage public, des prestataires vereux font des bricolages et on réussit à faire réceptionner le marché. Deux mois plus tard, le mur présente déjà des lézardes que personne ne voit. Ces négligences coupables dressent silencieusement le lit des effondrements des bâtiments enregistrés un peu partout. Et pourtant la réglementation existe. Les normes sont connues de tous. L’administration en charge des questions de l’habi...

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