« Cette performance renforce la crédibilité du Cameroun »

Adolphe Noah Ndongo, président du Comité technique bilatéral du Contrat de désendettement et de développement (C2D).

Le Contrat de désendettement et de développement (C2D) célèbre ses 20 ans ce mois de juin 2026. Quels ont été les temps forts et les réalisations phares du programme au cours des deux dernières décennies ? 20 ans après son lancement, le C2D a connu plusieurs moments marquants qui ont jalonné son évolution et consolidé sa place dans le paysage du développement au Cameroun. Le premier temps fort est naturellement la signature, le 22 juin 2006, du premier C2D entre le Cameroun et la France. Cet accord a donné naissance à un mécanisme innovant permettant de transformer le remboursement de la dette en investissements au profit du développement du pays. Le deuxième temps fort intervient en 2011 avec la signature du deuxième C2D, qui a permis de poursuivre et d'amplifier les interventions engagées dans plusieurs secteurs prioritaires. Le troisième temps fort est la signature du troisième C2D en 2016, qui marque une nouvelle étape dans l'approfondissement du partenariat entre les deux pays et dans la consolidation des acquis des phases précédentes. Entre ces différentes étapes, un moment symbolique mérite d'être souligné : l'intervention du président de la République, Paul Biya, le 3 juillet 2015 lors de la visite du président français, François Hollande, au Cameroun. Le chef de l'Etat saluait déjà les résultats obtenus grâce au C2D et soulignait sa contribution significative au financement des projets structurants et à l'amélioration des conditions de vie des populations. Pour ce qui est des réalisations, comme vous l’avez vu, en 20 ans, le C2D a accompagné des projets structurants dans des secteurs essentiels de notre économie : les infrastructures urbaines, l’agriculture et le développement rural, la formation professionnelle, la santé, la gouvernance, l’inclusion financière, la décentralisation ou encore la gestion durable des ressources naturelles. Les réalisations sont nombreuses et visibles. Des routes et voiries urbaines ont été aménagées dans plusieurs villes du pays, des marchés et des boutiques ont été construits, des milliers de producteurs ont été accompagnés, des jeunes ont bénéficié de formations professionnelles adaptées aux besoins du marché, des communes ont vu leurs capacités renforcées et des populations vulnérables ont accédé à des services essentiels. Audelà des chiffres, le principal acquis du C2D est d’avoir contribué à améliorer durablement les conditions de vie des populations tout en renforçant les capacités des institutions nationales. Le C2D, c’est 54 conventions et 967 milliards de F mobilisés au profit des projets de développement au Cameroun. Comment les activités ont-elles été suivies sur le terrain ? L’une des particularités du C2D réside dans la rigueur de son dispositif de gouvernance et de suivi-évaluation. Chaque projet dispose d’indicateurs précis, de mécanismes de reporting et d’instances de pilotage qui permettent d’apprécier régulièrement l’état d’avancement des activités. Les administrations sectorielles assurent la maîtrise d’ouvrage des projets tandis que le Comité technique bilatéral veille à la cohérence de l’ensemble du portefeuille. Des missions conjointes de supervision sont régulièrement organisées avec les différents partenaires. Les descentes de terrain, les audits techniques et financiers, les évaluations indépendantes, ainsi que les sessions du Comité d’orientation et de suivi permettent de mesurer les résultats obtenus et d’apporter rapidement les ajustements nécessaires. Cette proximité avec le terrain a largement contribué à la qualité des résultats enregistrés. Plusieurs projets affichent un taux de réalisation de 100% avec des résultats palpables dans la vie des populations. Quels sont les ingrédients de cette réussite ? Cette réussite repose sur plusieurs facteurs complémentaires. D’abord, une forte appropriation des projets de la part des administrations et institutions camerounaises compétentes. Ensuite, un dialogue permanent entre les partenaires camerounais et français qui a permis d’anticiper les difficultés et de trouver des solutions adaptées. Il faut également souligner la qualité du dispositif de gouvernance, la rigueur du suivi-évaluation, l’implication des bénéficiaires ainsi que la recherche constante de résultats mesurables. Enfin, le C2D a toujours privilégié des investissements répondant à des besoins réels des populations. Lorsque les projets sont bien conçus, bien suivis et centrés sur les bénéficiaires, les résultats sont naturellement au rendez-vous. Atteindre un taux de remboursement de 97,6% démontre la capacité de l’Etat à respecter ses obligations et traduit une gestion responsable des engagements publics. C’est un signal positif adressé aux partenaires techniques et financiers. Cette performance renforce la crédibilité du Cameroun. Quels ont été les principaux goulots d’étranglement tout au long du parcours (lenteurs, retards de paiement) et comment ont-ils été contournés ? Le C2D comme vous le savez, c’est 5...

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