Randonnée: A l’assaut du Char des dieux

Une équipe de randonneurs s’est récemment rendue sur la montagne qui accueille chaque année entre 5000 et 10 000 visiteurs. Récit d’une promenade à 4100 m d’altitude.

S’ il y a un lieu où semblent se rencontrer ciel et terre, c’est au sommet du « Char des dieux », sur le Mont Cameroun, plus haute montagne d’Afrique centrale et de l’Ouest avec 4100 m d’altitude. Une équipe de randonneurs a récem­ ment fait l’expérience de gravir cette montagne nichée dans la ré­ gion du Sud-Ouest, quelques se­ maines après la « Course de l’espoir » qui s’y tient chaque année et dont la 31e édition menée en février der­ nier, a drainé près de 600 athlètes nationaux et internationaux. Pour l’équipe de 12 randonneurs ama­ teurs, encadrés par deux coaches sportifs et un guide touristique, la balade en forêt a débuté avant l’aube après une prière de groupe, avec comme point de départ, le mo­ nument des Cinquantenaires de l’In­ dépendance et de la Réunification à Buea. En file indienne, les randon­ neurs s’avancent aux pieds du mont, accueillis par une allée de fougères, une terre humide et des arbres à perte de vue. Sur ce segment, des lianes s’entremêlent, freinant le passage et donnant au mont des al­ lures de forteresse gardée. Un peu plus d’une heure après, le le­ ver du jour coïncide avec l’arrivée de la troupe au premier refuge, avec un kilomètre de marche dans les jambes. Cette première étape fran­ chie, les sourires sur les visages des randonneurs dissimulent mal une certaine anxiété quant à la suite du parcours. Pour Gaël Deumeni, qui en est à sa première expédition, « c’est sans aucun doute une belle aven­ ture qui commence, on verra bien ce que le mont nous réserve. Le plus important est d’avoir un mental d’acier ». Ce premier refuge amé­ nagé en planches est le point d’en­ registrement des visiteurs du site. A la manœuvre, Guichard Nama Men­ guele, éco garde qui détaille l’impor­ tance de l’espace : « les refuges sont des points de repos qui facilitent le parcours aux touristes et dans le cas du Mont Cameroun, nous en avons trois : le premier refuge, le refuge in­ termédiaire et le troisième refuge qui est à 45 minutes du sommet ». D’après ce responsable du service de la conservation du parc national du Mont Cameroun, « les périodes d’affluence sur le site se situent en saison sèche. Nous enregistrons un monde fou après la Course de l’es­ poir. A ce moment, un libre accès est accordé aux élèves et étudiants de la ville de Buea. Nous surveillons par ailleurs les alentours du parc pour voir s’il n’y a pas d’intrus ni de bra­ conniers », explique Guichard Nama Menguele. L’obstacle est le chemin Après quelques gorgées d’eau et des friandises pour reprendre des forces, les visiteurs poursuivent leur périple. La forêt équatoriale cède progressivement la place à une sa­ vane arborée, à la steppe, puis à un paysage désertique. Le prochain point d’arrêt, encore appelé refuge intermédiaire, est à environ deux heures de marche, sur 2,3 km. Une fois cette escale franchie, les ran­ donneurs rentrent dans le dur du parcours. Les premiers signes de fa­ tigue se font sentir. L’architecture triangulaire du « Fako Mountain Lodge », site touristique logé au troisième refuge, ne sera aperçue qu’après quatre heures de randon­ née. C’est ici que les premiers désis­ tements sont enregistrés. L’équipe bataille entre bobos physiques (che­ ville foulée, jambes engourdies, etc.) et les températures qui commen­ cent à chuter drastiquement, pou­ vant atteindre 4 à 10°C la nuit tom­ bée. Le coach Ronald Yao Boujike recommande aux randonneurs, de se parer de doudounes, de gants et de bonnets avant de continuer....

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