Malades mentaux errants: Un retour alarmant

Depuis la suspension du projet de ramassage des malades mentaux dans la ville, l’Hôpital Jamot de Yaoundé peine à prendre en charge de nouveaux patients.

C heveux en broussaille, vêtements ternes, boîtes de conserve autour du cou. Un homme d’une quarantaine d’années semble avoir perdu tous ses repères. Assis à même le sol au niveau de Bata-Nlongkak, arrondisse­ ment de Yaoundé 1er, le barbu parle tout seul. Entre accès de colère et éclats de rire, il pousse certains passants à changer de trottoir. Un peu plus loin, au lieu-dit « Avenue des banques », un autre indi­ vidu marche pieds nus. La tête ailleurs, il traverse la chaussée à tout bout de champ. Les klaxons répétés des véhicules ne parviennent pas à le dissuader. « C’est douloureux d’apercevoir de telles personnes dans nos rues. Elles donnent l’impres­ sion d’être abandonnées à elles-mêmes, tout en s’expo­ sant à de nombreux dan­ gers », déplore Rosie Nzié, conseillère dans un établis­ sement de microfinance. Pendant que les malades mentaux errent dans la capi­ tale, le « Village de l'amour », nom de baptême du pavillon abritant les personnes at­ teintes de maladie mentale (Pamee) à l’Hôpital Jamot de Yaoundé, est en quête de pensionnaires. Là où le centre accueillait entre 70 et 100 patients l’année dernière, il n’en compte plus que 15 au­ jourd’hui. Plus de retrait de malades mentaux errants dans la ville. Le projet « Zéro malade mental dans les rues de Yaoundé », initié par la Communauté urbaine en par­ tenariat avec le ministère de la Santé publique, est en hi­ bernation. Du côté de la mairie de la ville, on évoque « des dysfonctionnements dus à quelques malentendus ». Une situation qui plombe le fonc­ tionnement du centre. « Nous ne recevons plus l’appui...

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