Témoignages: Ils se sont fait avoir

En présentiel ou dans les réseaux sociaux, les usurpateurs empruntent les casquettes de diplomates, commissaires de police, haut cadres de l’administration pour dépouiller leurs victimes

E lle n'a rien vu venir. Pendant deux ans, Rachel Ngono a partagé sa vie avec un homme qu'elle croyait mili- taire, un compagnon qui lui promettait la stabilité. « J'ai vécu avec un faux militaire pendant deux ans, il me promettait le ma- riage », confie-t-elle. Ce n'est que bien plus tard qu'elle découvre la vérité. « J'ai appris à travers les réseaux sociaux et la télévision qu'il n’était pas un homme en tenue », raconte-t-elle. Son compagnon a fini par être interpellé à Yaoundé, mettant fin à une supercherie qui aura duré deux longues années. D’autres usurpations tou- chent directement les institutions. Une fonctionnaire, sous anonymat, décrit un réseau bien organisé qui s'est attaqué à sa signature. « Il y a des gens qui utilisent ma signature et mon titre pour éviter de payer leurs impôts. De loin, c’est quasiment la même », explique-t-elle. Une affaire foncière lui permet de remonter la piste des usurpateurs. « Ils sont passés par des faussaires. Certains sont à l'Avenue Ken- nedy, d'autres vers le palais de justice », se souvient-elle. Depuis, elle a modifié ses habitudes. « J'ai été obligée de changer la couleur de mon stylo pour me protéger », confie-t-elle. Ce phénomène touche aussi de nombreux jeunes en quête d'emploi. Pour Marcel Nkenfack, jeune diplômé, la perte est fi- nancière. « Un faux diplomate rencontré sur les réseaux sociaux m'a proposé un emploi dans un pays étranger. Il m'a de- mandé de payer pour le dossier. J'ai versé l'argent et ils ont disparu », regrette-t-il. D’autres victimes évoquent la pression exercée par de faux agents ...

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