« Partir sans avoir transmis aurait été une grave erreur »
- Par Yannick ZANGA
- 24 Aug 2026 12:01
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André Mama Fouda, auteur du roman « Le passé méconnu, entre deux mondes ».
« Le passé méconnu, entre deux mondes ». A quoi renvoie ce besoin de regarder dans le rétroviseur ? J'ai 75 ans. Cela veut dire que je suis déjà là depuis un certain temps. Et il y a toute une génération qui ne connaît pas ce qui s'est passé il y a 75 ans. Et de même, avec mes 75 ans et un passé antérieur que plusieurs de mon âge n'ont sûrement pas bien connu. Donc, nous sommes là dans une démarche historique, un devoir de mémoire pour rappeler et surtout porter à la connais sance de ceux actuellement en vie, des faits qui se sont passés il y a déjà plus d'un siècle. Effectivement, nous sommes sur une centaine d'années et forcément, ce sont des mondes diffé rents. Un monde à l'époque où dans les familles camerounaises, dans les familles bantoues comme la mienne, la polygamie était la règle. La mono gamie était un questionnement, je ne peux même pas dire une exception. Où c'était la dualité entre les us et les coutumes, et l'arrivée de la religion. Dans le monde ancien, nous étions dans une démarche de tradition orale. Aujourd'hui, nous écrivons pour consi gner ce qu'on connaît, soit sur papier, soit sur support numérique. J’ai pensé qu'il serait utile pour nos générations futures de me rappeler les faits qui m'avaient été transmis oralement et de les mettre donc par écrit. Je trouve également que je suis arrivé à un âge où si je ne transmets pas, je ne sais pas combien de jours, de semaines ou mois il me reste, et partir sans avoir transmis aurait été une grave erreur. Voilà pourquoi j'ai pris le risque d'écrire. Et je crois que c'était un bon risque. Ce livre est pour la jeunesse afin qu’elle découvre des faits encore d’actualité de nos jours et des valeurs transmis sibles. Concevez-vous l'histoire de votre famille comme un roman ? On peut croire qu'un roman est forcé ment fictif. Non, le roman n'est pas fictif. Le roman part de faits réels, nor malement. Même quand quelqu'un dit « j'ai imaginé », son imagination est partie de faits réels pour écrire quelque chose. Nous sommes sur des faits his toriques. Et en même temps, vous savez que le roman a un fil conducteur. C'est un choix que j'ai pris de démarrer ce livre le 19 mai 1951, jour où mon grand-père maternel décède à l'hôpital de Yaoundé. Donc c'est un fait inscrit. Et ce livre va également finir en 1951. C'est donc dire que j'ai voulu, en partant déjà de ce premier cliché, rentrer main tenant 100 ans plus tôt et remonter tranquillement l'horloge du temps pour pouvoir arriver là où nous avons com mencé. C'est pour cela que c'est un ro man particulier. Est-ce que la somme des événe ments passés, et peut-être actuel lement, vous font reconsidérer le passé ? Me mettre moi tout seul, ça n'irait pas. Parce qu'en fait, je suis dans une famille de cinq enfants. C'est peut-être moi qui prends la plume. Mais dans le milieu journalistique, ces parents que je cite, ont produit un des grands journalistes du Cameroun, Claude Ondobo qui a d'abord travaillé ici. Ceux qui ont été à l'école avec lui, c'est la géné...
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