Une démocratie en zone de turbulence

Le plus récent a eu lieu en 2025. Le 26 novembre, alors que le pays est sur le point d’élire son nouveau chef d’Etat, l'armée renverse le pré­ sident sortant : Umaro Sissoco Em­ baló. Le scrutin est immédiatement suspendu par la junte militaire, re­ plongeant le pays dans un régime de transition. C’est ainsi que le chef d’Etat-major des armées, le général Horta N'Tam qui dirige actuellement la Guinée-Bissau, a pris le pouvoir. Pour ceux qui connaissent bien l’his­ toire, la Guinée-Bissau enregistrait ainsi son cinquième coup d’état. De­ puis son indépendance en 1974, ce pays est marqué par une insta­ bilité politique chronique, caracté­ risée par 5 coups d'État réussis et pas moins de 17 tentatives de putsch ou mutineries. L'armée, qui a joué un rôle historique lors de la guerre de libération contre le Por­ tugal, est restée l'acteur central du pouvoir politique dans le pays. C’est en 1980 que ce mauvais vent commence à souffler. Le président Luís Cabral, premier président du pays depuis l'indépendance, est ren­ versé par le Premier ministre de l'époque et ancien commandant des forces armées, le général João Ber­ nardo Vieira (dit « Nino Vieira »). Des tensions ethniques, une crise économique et le favoritisme pré­ sumé au sein du régime marxiste- léniniste ont servi de justification à ce premier coup de force. En mai 1999, il est à son tour éjecté du siège présidentiel par la junte mili­ taire dirigée par le général Ansumané Mané. Ce putsch est le dénouement d'une violente guerre civile qui a débuté en juin 1998 à la suite du limogeage du général Mané par le président Vieira. Confronté à une crise économique aiguë et à des blocages politiques à répétition, le président civil Kumba Ialá est déposé sans effusion de sang par le chef d'Etat-major des armées, le général Veríssimo Correia Seabra, le 14 sep­ tembre 2003. Le 12 avril 2012, entre les deux tours d'une élection présidentielle anticipée, un com­ mandement militaire dirigé par le général Mamadu Ture Kuruma arrête le président par intérim Raimundo Pereira et le Premier ministre (favori du scrutin) Carlos Gomes J&ua...

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