Séquestration: Un autre « bunker » découvert à Yaoundé

Enfermées dans un domicile barricadé à Ngousso, une vingtaine de personnes ont été délivrées et conduites hier pour exploitation à la Compagnie de gendarmerie de Yaoundé III.

Q uatre jours après la découverte d'enfants retenus dans un bun­ ker à Essos, les forces de maintien de l'ordre sont tombées sur une nouvelle trouvaille du même genre. Aler­ tés par des riverains pour des mouvements suspects, les élé­ ments de la Compagnie de gen­ darmerie de Yaoundé III inves­ tissent une concession isolée, à la Montée Mosquée Ngousso, hier avant le lever du jour. La porte a déjà été défoncée par la population avant leur arrivée. Une foule compacte et en furie se masse autour de ce qu’elle surnomme déjà « La maison du diable », menaçant de tout brûler. Il faut l'intervention du sous-préfet, François Mabaya Essomba, arrivé en urgence sur le terrain, pour calmer la foule et permettre aux gen­ darmes de sécuriser le péri­ mètre. À l'intérieur, tout est verrouillé et sous surveillance perma­ nente. Les riverains décrivent un lieu hostile où tout se fait la nuit. « Des personnes en capuches entrent et ressortent. L'accès est impossible. Dès qu'on vous voit traîner là, on vous repousse. Ils avaient même des gens postés pour contrôler les accès et la route», lance un voisin. Quand les pan­ dores pénètrent, certaines pièces semblent déjà désertées et poussiéreuses. Malgré cela, 20 personnes sont encore sur place : 10 femmes, huit hommes et deux enfants de 6 et 7 ans. Toutes sont retrou­ vées abasourdies et prostrées dans le sous-sol en terre bat­ tue, capuches sur la tête, cou­ chées à même le sol. À la ques­ tion « Qui vous a amenés ici ?», personne ne répond. L'organisation des lieux révèle une structure à trois niveaux conçue pour l'autarcie. Au sous- sol, le cœur du dispositif : l'église de la « Mercy of God Ministries ». Une salle sombre, sans aération, servant à la fois de lieu de prière et de dortoir. Au niveau intermédiaire, le han­ gar de vie. Une immense char­ pente en bois noirci et tôle on­ dulée avec mezzanine servant de dortoir et cuves d'eau. On y trouve une cuisine avec foyers à même le sol et des dizaines de petites gamelles en plas­ tique empilées, signe d'un ra­ tionnement individuel strict. Au dernier niveau, la maison du pasteur : salon meublé, té­ lévision et ventilateurs. Sur place, les gendarmes décou­ vrent également des cachets d'avocats et d'auxiliaires de justice agréés et assermentés, ouvrant la piste d'un r&eacu...

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