Prévention du suicide: Le dialogue comme astuce

Deux personnes ayant traversé des périodes particulièrement éprouvantes, témoignent de leur retour à la vie après avoir confessé leur douleur profonde.

C haque 10 septembre, le monde marque un temps d’arrêt pour rappeler que le suicide peut être prévenu et que la souffrance psycho­ logique ne doit pas être ignorée. « La santé mentale ne commence pas à l’hôpital, elle commence dans la fa­ mille, à l’école dans nos relations et dans la manière dont notre société ac­ compagne ceux qui traversent des moments difficiles », affirme le Dr Ma­ rileine Kemme, sous-directeur de la Santé mentale au ministère de la Santé publique. « J’avais besoin que quelqu’un m’écoute », confie une rescapée du suicide qui a requis l’anonymat. « Je pensais que personne ne pouvait me comprendre. À un moment, je me suis dit que disparaître serait peut-être la seule solution », raconte-t-elle. À l’âge de 34 ans, elle s’est retrouvée mère célibataire, sans emploi. Un échange avec un proche va tout changer. « Le fait d’avoir parlé m’a soulagée. C’est là que j’ai compris que la famille c’est la base, on m’a écouté et soutenu, j’ai re­ pris confiance et je me suis relevée », ajoute-t-elle. L’histoire de Julien Ondobo présente un autre visage de la détresse psycho­ logique. « En tant qu’homme il est souvent difficile d’exprimer son mal- être. Par peur d’être jugé, l’on préfère camoufler ses peines et faire sem­ blant que tout va bien devant les gens », confie le jeune homme âgé de 30 ans, qui est passé par une tentative d...

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